vendredi 10 mars 2023

La beauté sereine de la colline royale d’Ambohimanga, Madagascar


Classé au patrimoine mondial par l’Unesco, la colline royale d’Ambohimanga (la colline bleue) est le berceau de la dynastie royale malgache. Située juste à 21 km au nord d’Antananarivo, c’est l’une des douze collines sacrées instituées par le roi Andrianampoinimerina (1787-1810) qui régna en maître !



Cette colline bleue, d’une beauté exquise et irrésistible, est à visiter avec son ensemble de lieux sacrés, sa cité royale et sa nécropole. Notez que l’enclos royal, délimitant la cité royale est constitué d’un mur élevé fait d’agrégats de pierres, d’un mortier à base de chaux, de sable fin et de blanc d’œuf ! Le mur est surmonté d’une palissade de bois pointus ! 



Les recherches archéologiques font remonter l’utilisation d’Ambohimanga comme siège du pouvoir et de l’autorité au moins depuis le XVème siècle. Quatre rois s’y étaient succédés : Andriantsimitoviaminandriana (1740-1755) / Andriambelomasina (1755-1766) / Andrianjafy (1766-1787) / Andrianampoinimerina (1787-1810) qui y a régné sept ans avant de déménager à Antananarivo après sa conquête de l’Imerina. Le « lapa Mahandrihono », la demeure rustique du roi Andrianampoinimerina, qui date de 1790 se visite. 



Reconnaissable à sa couleur noire, il est de style « kotona », le type de maison traditionnelle malgache des Hautes Terres constitué d’une seule pièce de 10 mètres de haut. On peut admirer le lit du roi en hauteur, et les ustensiles d’utilisation du quotidien (lances, boucliers, sagaies, lits, matériel de cuisine et de table…). 







Juste à proximité, se trouve le Palais de la Tranquillité (lapa Manjakamiadana) construit en 1871 pour la reine Ranavalo II, qui en fit sa résidence d’été. Ce palais montre l’évolution de l’architecture malgache au contact des Européens avec son étage, sa véranda et ses balustrades laquées. Les pièces sont équipées de mobiliers et de tableaux à l’européen. 





Dans le prolongement du Palais de la Tranquillité, se trouve un magnifique belvédère (Trano Fitaratra) aux parois supérieures vitrées, avec des vitres importées d’Angleterre par l’anglais Parrett. Un vrai luxe à l’époque. Ce petit pavillon en bois accueillait les Conseils de Gouvernement lorsque la Cour se déplaçait à Ambohimanga. J’adore me retrouver sur la véranda de ce belvédère à admirer la vue magnifique sur les paysages onduleuses de l’Imerina ! Il y règne un sentiment de sérénité. Ces palais étaient le lieu de détente des trois reines Ranavalona. 


Dans la cour, on peut admirer les bassins pour les bains royaux creusés directement dans la roche. Leur eau était renouvelée chaque jour par des jeunes filles pures avec de l’eau puisée au lac d’Amparihy. 



Ne ratez point le « fahimasina », la fosse à zébus gardés sur pied en prévision des banquets, 




ni la nécropole royale, avec la maison sainte en bois où reposent les reines Ranavalo I et II. 


La présence des tombeaux et des dépouilles royales confère au site son caractère sacré. Ambohimanga est aujourd’hui un lieu de pèlerinage connu du monde entier avec ses aspects historique, religieuse et culturel.  



Vous y verrez encore le canon qui servait à rassembler le monde autour des arbres centenaires lors des grands événements et manifestations, les jolis figuiers arbre et fruit royal par essence, ou l’une des sept belles portes en pierre avec un disque de 4,50 mètres de diamètre et 30 centimètres d’épaisseur qui sécurise la nuit la cité royale ! J’ai une tendresse pour Ambohimanga, pour son histoire, sa beauté, sa sérénité et sa majesté !


 

 


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