jeudi 6 mai 2010

Le gourmet solitaire

Voici un manga japonais qui me donne le sentiment d’être à nouveau à Tokyo, en suivant les errances gastronomiques et les pensées d’un homme appréciant la bonne table sans prétention।
On ne sait presque rien de lui. Il travaille dans le commerce, mais ce n’est pas un homme pressé ; il aime les femmes, mais préfère vivre seul; c’est un gastronome, mais il apprécie par-dessus tout la cuisine simple des quartiers populaires… Cet homme, c’est le gourmet solitaire. Imaginé par Masayuki Kusumi, ce personnage hors du commun prend vie sous la plume de Jirô Taniguchi, sur un mode de récit proche de l’Homme qui marche : chaque histoire l’amène ainsi à goûter un plat typiquement japonais, faisant renaître en lui des souvenirs enfouis, émerger des pensées neuves ou suscitant de furtives rencontres. Ainsi la visite d’un sushi-bar au milieu de l’après-midi lui fait-il voir d’un autre œil les innocentes ménagères qui fréquentent le lieu, ou prend-t-il conscience, à l’occasion du match de Base-ball, des vertus tonifiantes du curry... Le Gourmet solitaire est un met de choix dans l’œuvre de Taniguchi. Ce qui constitue son talent, c’est la simplicité dans le fait de nous faire partager des choses tout à fait anodines et de les transformer en d’agréables saynètes éclairées d’une lumière nouvelle, tout en étant pédagogue sur la composition des mets. Comme ce délicieux riz à l’anguille fumée.


Le gourmet solitaire,
éditions Casterman, 10,50€.

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