samedi 8 juin 2013

Le poisson managatsuo de Shinzo Abe



« Le meilleur auxiliaire d’un diplomate, c’est bien son cuisinier » disait Charles Maurice de Talleyrand. C’est fort de ce conseil que le premier ministre japonais Shinzo Abe a fait appel au chef japonais Kiyomi Mikuni de l’hôtel Mikuni et au chef français Lionel Beccat du restaurant français Esquisse à Tokyo pour ordonnacer son déjeuner de travail avec le président français François Hollande le vendredi 7 juin 2013. Cette diplomatie par la cuisine était là pour personnifier et concrétiser ce partenariat d’exception, grâce à un storytelling via les produits et recettes utilisés. 
Le chef Kiyomi Mikuni avait cuisiné une soupe de champignons, clin d’œil aux champignons si chers aux parisiens, coiffée d’une mousse de lait de soja. Et un rôti de filets de bœuf, qui associe à la fois du bœuf en provenance du Limousin et de Kobé. Le rôti était mariné dans la pâte de miso, cuisiné à la « Saikyo-zuke" aux cinq légumes. La présence de la viande de bœuf du Limousin marque l’assouplissement récent de l’importation de cette viande française au Japon. Le chef français Lionel Beccat avait cuisiné du poisson en vallée d’Auge. Le poisson servi, un managatsuo, provenait de la région natale du premier ministre japonais, la région de Yamaguchi. Il était préparé en vallée d’Auge, en référence à la Normandie, terre natale du président français. Le vin qui accompagnait le déjeuner date de 1954, année de naissance du président français. Ce rébus culinaire, qui associe l’histoire personnelle des hommes d’Etat vaut mille discours. 
Chose rare dans les déjeuners d’état, comme l’a relayé la presse japonaise, les équipes de cuisine et les deux chefs franco-nippon avaient eu l’honneur d’être présentés officiellement aux heureux convives ! Banzaï !

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