samedi 5 décembre 2015

Une restauration dans les maisons closes parisiennes ?



L’exposition « Splendeur et misère, images de la prostitution 1850-1901 » au musée d’Orsay Paris a ré-ouvert les maisons closes de France. Dans l’exposition, les lieux où s’adonnait cette prostitution étaient bien représentés dans les peintures exposées, comme dans les restaurants, au théâtre, dans la rue. Sur l’univers des maisons closes, il n’y avait aucune référence au boire et à manger. Ce détail a piqué ma curiosité. C’est auprès de Nicole Canet, propriétaire de la galerie d’art « Au bonheur du jour » que ma curiosité fut rassasiée. Effet du hasard ? Sa galerie d’art, spécialisée dans les œuvres originales de photographes, peintres, dessinateurs des XIX et XXème siècles sur les nus masculins et féminins se trouve au 11 rue Chabanais, Paris 2ème, juste devant la première adresse de maison close de Paris, « Le chabanais », au 12  chabanais. Nicole Canet est la spécialiste de l’histoire des maisons closes en France. Elle est auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, a contribué à l’exposition du musée d’Orsay en prêtant des objets de collection. 
Le dernier est « Le Chabanais, histoire de la célèbre maison close 1877-1946 ». C’était la plus luxueuse maison de Paris, tellement entré dans les mœurs qu’il figurait dans le parcours de la visite officielle des chefs d’Etats. Dans l’agenda de ces derniers, on écrivit « visite de la présidence du Sénat ». Un des célèbres pensionnaires de ce lieux était le roi Edouard VII d’Angleterre, qui y possédait sa chambre. Au Chabanais, point de restauration, mais le champagne coulait à flot. Les clients et les « pensionnaires » le dégustaient ensemble, dans le grand salon avant de monter dans les chambres. Non content de le déguster, le roi Edouard VII d’Angleterre prenant aussi des bains de champagne dans sa baignoire ! Le « One-two-two », en référence à son adresse 122 rue de Provence, Paris 8ème, est la maison close ouverte en 1924 qui fit concurrence au Chabanais.  
C’était la seule maison close qui possédait un restaurant appelé « Le bœuf à la ficelle » qui servait seulement du bœuf à la ficelle et du caviar, arrosé de champagne. Nicole Canet me précise que plus de 150 bouteilles de champagne Bollinger et Pomerol étaient bues chaque jour, servis par 60 belles pensionnaires. C'était un lieu fréquenté par la haute société, où l'on se rendait tant pour y être vu (certains hommes y allant uniquement pour dîner avec leur compagne) que pour goûter du charme de ses « pensionnaires ». Les plus grandes vedettes de l’époque s’y rendaient comme Arletty, Michel Simon, Charles Trenet ou Marlène Dietrich. Ces maisons closes étaient aussi des lieux de rencontres sociales où monter dans une chambre n’était pas une obligation. Les mêmes fêtards et jouisseurs se rendaient aussi au Sphinx, 31 rue Edgar Quinet, Paris 14ème à son ouverture en 1931, car en plus des chambres, il y avait aussi un dancing où le champagne étanchait les soifs ! Cette maison close Le Sphinx était fréquenté par des personnalités comme Mistinguett, Joseph Kessel, Georges Simenon ou la chanteuse Fréhel ! Ainsi, dans ces maisons closes, la boisson la plus bue par la haute société qui les fréquentaient  était  le champagne, sûrement parce qu’il rendait les femmes belles et titillait les sens ! 
Pour découvrir cet univers des maisons closes, vous avez aussi le livre «  « Maisons closes 1860-1946 » toujours écrit par Nicole Canet. Une visite dans la galerie d’Art de Nicole Canet « Au bonheur du jour » s’impose, pour rendre complet votre visite de l’exposition du musée d’Orsay de Paris.
www.aubonheurdujour.net/
11 rue Chabanais, Paris 2ème,

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