samedi 27 octobre 2018

« Madagascar, arts de la grande île », Musée Quai Branly Paris


L’exposition « Madagascar, arts de la grande Île » au musée quai Branly à Paris est la première exposition en France à questionner l’histoire de l’art de cette grande île au cœur de l’océan indien. Plus de 350 pièces ont été réunies pour leur intérêt historique, esthétique et ethnologique. Le début de l’exposition présente Madagascar dans l’espace et le temps. 
Situé dans l’océan indien, au large des côtes africaines, bien avant que les européens ne découvrent son existence, c’était déjà un carrefour de rencontre et influences esthétiques venus de l’Orient, de l’Austronésien et de l’est du continent africain.   
Les recherches récentes laissent supposer une occupation humaine dans le nord de l’île il y a plus de 4000 ans, et au sud-est, 3000 ans. Entre le 5ème et 8ème siècle, arrivent des populations austronésiennes, d’Afrique apportent dans leurs bagages riz, igname, cocotiers, bœufs, chèvres et moutons.  
Par l’océan indien, des céramiques chinoises et islamiques, des objets en verre de Perse apportés par les marchands arabo-musulman révèlent l’insertion progressive de Madagascar dans les réseaux et d’échanges internationaux. 
Les fouilles de la nécropole de Vohémar du 16ème siècle sur la côte est mettent à jour des assiettes de porcelaines et de miroir en bronze chinois, des cruches indiennes en cuivre, des objets en verre de Syrie et d’Egypte, des bijoux d’or et d’argent, de nombreuses cuillères de nacre dans les sépultures qui mélangent des pratiques funéraires swahilies et musulmanes. Aujourd’hui, ce sont encore le riz et le zébu qui sont toujours les marqueurs de la cuisine malgache. La domestication du zébu, venu du continent africain vers le 10ème siècle a modifié l’environnement, avec l’aménagement des zones de pâturage. 
Le zébu traverse l’histoire de Madagascar : la possession d’un cheptel important est un élément de richesse et de pouvoir, qui a bâti de générations de chefs locaux. Nous verrons par la suite que l’animal est au cœur des cérémonies et des cultes, des objets du quotidien qui lui confère un statut sacré.

Ces objets de la vie quotidienne sont réalisés avec une grande économie de moyens, des «formes utiles» soumis au vintana, le zodiaque malgache, qui définit la frontière entre le monde du vivant et le monde des esprits et des ancêtres... 
Les matériaux sont issus de ressources naturelles comme la terre (argile), le bois, l’osier, les feuilles de palme, la paille, le bambou. Les plats, les mortiers, les cruches, les pots à miel étaient en bois sculpté ou en argile. Les pots en bambou servaient de mesure à riz. 
Même dans les délicates vanneries, le motif du zébu est omniprésent dans tous les objets.

Pour les repas, les malgaches se servent d’une cuillère. Cette cuillère est un objet personnel conservé dans un étui de vannerie très élégant. Les sculptures qui ornent les manches des cuillères évoquent des thèmes en rapport avec la fertilité à travers des figures féminines et avec les ancêtres. Les motifs géométriques et les formes évasées font apparaître une fois de plus des têtes de zébus ou d’autres motifs. Au moment de la mort, la cuillère rejoint son propriétaire dans l’au-delà.

Dieu unique, Zanahary, à l’origine de toute chose de l’univers n’est jamais représenté. Ce sont les ancêtres qui sont les médiateurs entre les vivants et le Créateur. Les sacrifices d’animaux, en particulier des zébus sont indispensables lors des cérémonies qui ponctuent la vie d’un individu ou celle de la communauté. 
Certains morceaux de la carcasse, réservés dans des plats rituels sont jetés dans un brasier. La fumée attire ainsi les ancêtres et c’est alors que les prières et les sollicitations leur sont adressées par le chef de famille. 
En plus de la protection des ancêtres, la croyance en des forces puissantes est omniprésente : les malgaches ont l'habitude de consulter un ombiasy, devin et guérisseur, qui compose des remèdes mohara placés dans des amulettes ody. Le remède n'a pas vocation à être bu, mais doit être conservé dans le coin nord-est de la maison, considéré comme sacré. 
Autre objet qui relie le monde des morts et des vivants, les textiles appelés lamba, des grands pagnes rectangulaires. Tissés à la main, portés comme des châles qui enveloppent la taille, les épaules ou la poitrine, par les hommes comme par les femmes, les plus beaux lamba servent à ensevelir le corps des défunts.

Autre moment fort, le dernier voyage de la vie. Les tombeaux sont de véritables constructions qui jouent un rôle fondamental dans l’hommage rendu aux ancêtres mais qui exposent aussi un signe ostentatoire de prestige et de richesse de la famille du défunt ! Les défunts reçoivent tous les honneurs avec des tombeaux impressionnants, les poteaux funéraires, aloalos. 
Ce sont des pièces de poteaux sculptées surmontant les tombeaux dans le sud de Madagascar. Les figures sculptées racontent la vie du défunt. Des cornes de zébus sont disposées aussi sur les tombes, suite à leurs sacrifices lors de funérailles. La fête du famadihana, ou retournement des morts permet aux vivants de garder un lien avec les ancêtres. A cette occasion, un zébu est sacrifié et partagé par toute l’assistance !

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