dimanche 7 avril 2019

Festivités du nouvel an malgache dans l’Imerina


Durant tout ce weekend, mes amis d’Antananarivo célèbrent le nouvel an malgache. Cette fête traditionnelle remonte au XVIème siècle. Dans le calendrier lunaire malgache, ce nouvel an correspond à la nouvelle lune, à la fin de la saison des pluies et des récoltes de riz. Pour la première fois, l’alliance française d’Antananarivo a célébré l’évènement avec un concert de musique traditionnelle vendredi soir, et la ville a organisé dans  son stade la cérémonie du feu éternel, un rituel de renouveau et de purification. Selon l’office du tourisme, le nouvel an malgache est un rituel de pardon, de partages et de vœux de prospérité. C’est une occasion de réconciliation et de salutations entre les générations. Au temps des Rois, l’avènement de la nouvelle année correspondait au pardon généralisé, qu’il s’agisse de dissensions entre les époux ou proches parents, ou dans la communauté, ou encore entre dirigeants et population. 
Parmi les rituels de la fête, il y a cette cérémonie du feu éternel (afo tsy maty) , cette lumière qui chasse les ténèbres et éclaire l’avenir, le bain royale (fandroana)  avec la fonction de l’eau qui purifie et réconcilie, la consommation du riz et du miel qui sont la source de vie et de prospérité, puis cette viande de zébu que l’on se partage (Nofon-kena mitam-pihavanana) avec les ressortissants et descendants d’une même localité, resserrant les liens de parenté. C’est le Roi Ralambo (1575-1610) qui avait créé cette célébration officielle du nouvel an avec le but de renouveler son « hasina » (sacralité et pureté). La première célébration s’était déroulée sur la colline sacrée d'Ambohidrabiby, l’une des douze collines sacrées d’Antananarivo. Depuis, ce village royal d'Ambohidrabiby, connue sous l’appellation du berceau du royaume Merina, perpétue ces traditions du nouvel an malgache. Sur le plan des traditions culinaires, l’assemblée partage un confit de zébu appelé jaka préparé l’année précédente. 
A chaque nouvel an, les viandes de zébus étaient confites dans le suif dans des jarres, puis conservées dans les fosses pour être consommées l’année suivante. L’assemblée partage aussi un tatao, une bouillie de riz au lait nappée de miel. Je parle de ces nombreux rituels dans mon livre :

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