samedi 21 juillet 2018

Musée de la photographie de Madagascar, Antananarivo


Inauguré en février 2018, ce musée de la photographie de Madagascar est mon coup de cœur. Situé près de la place d’Andohala dans l’ancien quartier royal, il est logé dans un écrin magnifique : l’ancienne résidence des Maires, avec un jardin manucuré en esplanade et une vue panoramique sur la ville. 
Créé en association Loi 1960 depuis 2013, le Musée de la Photographie de Madagascar s’est donné pour mission de numériser les photographies prises à Madagascar entre 1860 et 1960 pour, d’une part préserver et valoriser le patrimoine photographique malgache et d’autre part, favoriser l’appropriation par les Malgaches de histoire. Madagascar doit sa première photo à William Ellis.  
Elle représente une femme malgache coiffant une autre. Ce missionnaire protestant britannique de la London Missionary Society débarquait dans le port de Tamatave en 1853, équipé d'un étrange appareil : un daguerréotype, l'ancêtre de l'appareil photo ! En présentant la photo comme un produit magique pour éblouir et gagner la faveur de la Cour du Royaume de Madagascar en 1856, il ne s’imaginait buter contre les croyances malgaches dans les premiers temps. Les films thématiques projetés dans les quatre salles illustrés de photos d’époque nous rappellent qu’à son arrivée, la photo faisait peur. Les malgaches craignaient qu’elle leur vole leur âme ! Si bien que la Reine Ranavalona 1ère l’interdisait dans un premier temps. Une fois la phase de découverte dépassée, les hauts dignitaires de la cour profitaient de cette nouveauté. Ils posaient les premiers devant les appareils photos, comme un signe de distinction sociale. Après les clichés à connotation religieuses prises par les missionnaires, les images de la Cour, on voit surgir de belles photos de la haute société d’Antananarivo à partir des années 1930 avec l’émergence des studios et de photographes connus comme Razaka, Razafitrimo et Ramilijaona ! Les photos des années 1930 à 1960 projetées rappellent celles vues dans mes albums familiales. La visite incontournable dans ce musée vous plonge tout simplement dans l’histoire de ce pays. Les photos sont là pour observer les mutations sociales, architecturales, politiques. 
A l’étage, vous pouvez admirer les photos historiques d’Antananarivo comme l’intronisation de la Reine Ranavalona II sur la place d’Andohala le 2 avril 1868, 
la morphologie de l’ancien quartier royal. 
Le musée met en valeur aussi les photographes contemporains, comme les magnifiques photos exposées en plein air d’Yves Laland avec le fabricant de marmite à Ambatolampy, les scènes de rizières, une jeune fille qui pille le riz…. 
Pour vous remettre de vos émotions, le café du musée vous attend, pour une pause gourmande, ou pour déjeuner ! 
A moins que vous préférez la petite gargote située juste à l’entrée du musée !


Restaurant Jinhai 金海酒店, Antananarivo Madagascar


Impulsée grâce à l’arrivée de nouveaux investisseurs chinois à Madagascar il y a plus de dix ans, l’offre de restauration chinoise a évolué dans la capitale à Antananarivo. A la très connue cuisine cantonaise issue de la génération de mes parents, on peut désormais découvrir d’autres cuisines régionales chinoises. 
Avec un positionnement haut de gamme, une entrée et des parkings sécurisés, des salons privés, un décor directement importés du pays,  ces restaurants s’adressent plus à la communauté chinoise grandissante qu’à la population locale. 
Le restaurant Jinhai, situé près de l’avenue de l’indépendance, fait partie de ces restaurants nouvelle génération avec un propriétaire et un chef qui viennent du Fujian. Une fois installé, vous avez le sentiment d’être en Chine. D’ailleurs la première question posée est « Parlez-vous chinois ? », car la majorité de l’équipe ne maitrise que cette langue. La carte version papier est écrite qu’en chinois. Pour les clients qui ne maîtrisent pas cette langue, ils peuvent tout de même passer commande grâce à une tablette avec les photos des recettes ! J’avais demandé au propriétaire de nous recommander deux plats signatures de sa carte. Il m’a suggéré

糖醋荔枝肉 Le porc à la sauce aigre douce en forme de litchi. Cette recette, très connue à Fuzhou et Putian dans la province du Fujian fait référence à une technique de découpe du porc. Les petits morceaux de porc sont ciselés en croix avant d’être mariné. Cette mise en forme rappelle les aspérités de la peau du litchi qui permettent de mieux absorber la marinade et fixer la pâte à frire. Dès la sortie de la friture, les morceaux de porc en forme de litchi sont nappés d’une sauce aigre douce à base de vinaigre de riz.

La soupe de nouilles aux fruits de mer. La soupe joue un rôle important dans la cuisine du Fujian. Il est d’ailleurs dit qu’une « soupe peut vêtir dix formes 一湯十變». Le propriétaire nous a précisé aussi qu’il n’est point nécessaire de commander du riz, car les nouilles sont très rassasiantes. Il avait raison. Le bouillon aux fruits de mer était succulent, frais. Les nouilles plus al dente étaient gorgées de ce bouillon savoureux, garnis de fruits de mer comme des crevettes, des calamars, de petits noix Saint Jacques, des moules.

Comme ma famille n’était pas familière avec la cuisine du Sichuan, j’avais commandé deux plats de ce terroir. 

水煮牛肉 Fines lamelles de bœuf radies dans un bouillon épicé. C’est l’une des recettes les plus connues du Sichuan. De très fins lamelles de bœuf mariné achèvent leur cuisson dans un bouillon très épicé composé poivre du Sichuan, de piment rouge, d’anis étoilé, de poivre, de gingembre, d’huile de piment rouge. De l’ail frais haché et de l’oignon vert ciselé apportent la dernière touche de saveur. En bouche, en ressent la saveur propre à la cuisine du Sichuan, le mala , le pimenté anesthésiant. La viande de bœuf utilisé était le zébu, très tendre.

干锅田鸡 Grenouilles sauté au wok sec. Il s’agit des cuisses de grenouilles sautées au piment et à l’ail.
J’ai commandé aussi deux autres plats plus cantonais.
美极鱿鱼 Calamars sautés aux légumes. C’est un grand classique de la cuisine cantonaise avec un soupçon de sauce d’huîtres et d’huile de sésame.
空心菜Liseron d’eau sauté à l’ail. En fait de liseron d’eau annoncée, c’était des feuilles de patates douces, très consommées dans la cuisine malgache qui étaient servies.
Le dîner s’est achevé sur des fruits frais. La boisson était un thé à l’orge torréfié très original !

 

vendredi 20 juillet 2018

Les bonbons piments de Lifous, Antananarivo Madagascar


En promenade dans le quartier royal d’Antananarivo, entre la place royale d’Andohalo, le Rova (palais de la Reine), palais d’Andafivaratra de l’ancien premier ministre Rainilairivony, vous reconnaîtrez nécessairement la silhouette de « Lifous », l’homme aux sachets qui vend les meilleurs bonbons piments d’Antananarivo. 
Ses bonbons piments, de délicieux petits beignets à base de farine de pois chiche, sont très prisés de tous. Certains n’hésitent pas à venir de loin pour s’approvisionner. 
Même s’ils sont appelés « bonbons piments », Lifous qui a le sens du commerce propose une version pimentée (sachet noir) et sans piment (sachet blanc). Ses beignets sont croustillants, savoureux et très addictifs. Ils sont vendus par trois pièces. « Lifous », c’est la gentillesse incarnée. Il donne un supplément d’âme à la visite de ce quartier où vivaient les hauts dignitaires de la cours, les familles princières et les résidents étrangers de jadis !

Exposition « Terres de riz », Musée Guimet Paris


L’exposition « Terres de Riz » est une belle occasion d’admirer la richesse du fonds photographique du musée Guimet à travers ce thème commun à l’Asie qu’est le riz, symbole de bon augure. Avec les magnifiques photos datant du XIXe siècle et du début du XXe siècle du Japon et de la Chine, prises par des anonymes ou des personnalités comme Victor Segalen, Jean Largues ou Georges-Auguste Marbotte, vous découvrirez que cet aliment de base a façonné les paysages, les cultures, les arts de la table. 
L’exposition nous montre les étapes de la culture du riz, sa transformation, ses modes de consommation ainsi que les produits dérivés comme les tissages en fibre de riz ou la fabrication de l’alcool de riz. Beaucoup de photos sont d’une beauté et d’une poésie à couper le souffle ! L’exposition est visible jusqu’au 8 octobre 2018.