mardi 16 septembre 2014

Taiwan, jardin des Saveurs



Dans le cadre de la semaine des cultures étrangères 2014, avec comme thème « Saveurs-Couleurs », le centre culturel Taïwanais à Paris vous convie à toute une série de manifestations autour du thème « Taïwan, jardin des Saveurs ». Ce thème est décliné dans une série de performances à travers  la mode, le cinéma, la littérature, et la Tea Party.  Et c’est la « Fête du Buble tea » le 19 septembre 2014 qui ouvre le bal, où comment le thé traditionnel s’est mué en une boisson tendance en Buble tea, une création taiwanaise. Le cinéma est là aussi pour vous exciter les papilles, avec la projection de « Sucré Salé» d’Ang Lee le 22 septembre à 19 heures, « Zone Pro Site » de Chen Yu Hsun le 23 septembre à 19 heures, « Let it be » de Yen Lan-Chuan et Juang Yi-Tseng, le 24 septembre à 19heures. 3 conférences « Terroirs et gastronomie à Taïwan et en France » le 25 septembre 2014 animés par Jean-Robert Pitte et Hsieh Chung-Tao, » Nourriture, alcool et politique dans la littérature taïwanaise » animée par Gwennaël Gaffric le 30 septembre à 18 heures, « Kitsch, tofu et rock’n'roll : La gastronomie populaire à la sauce Taike «  animée par Damien Lingot le 1er octobre 2014 à 18 heures. Toutes les activités proposées sont gratuites, avec une réservation conseillée. Détails et lieu en cliquant ici.

dimanche 14 septembre 2014

De l’art et du cochon, Arte : quand l’histoire de l’art rencontre la gastronomie



« De l’art et du cochon », c’est mon nouveau rendez-vous du dimanche sur la chaîne Arte à 12h15. J’avais découvert cette émission dimanche dernier.  L’idée de cette série est qu’à partir d’une œuvre, nous plongeons  avec gourmandise dans l’histoire de l’art et de la gastronomie, en compagnie d’un grand chef. 
La semaine dernière, c’était le chef étoilé Mathieu Pacaud de l’Ambroisie à Paris avec le « Déjeuner sur l’herbe » d’Edouard Manet. La mission du chef est de reconstituer un pique-nique du 19ème siècle avec les reliefs laissés sur la toile. Pour cette raison, il s’est rapproché d’un autre tableau éponyme, celui de Claude Monet où les mets du pique-nique n’étaient pas encore entamés. Le menu final était un pâté en croûte cuit dans un moule en cuivre sculpté avec une farce de porc, de pigeon, de veau et de foie gras arrosé d’absinthe. Une poule de Houdon rôtie. C’était la poule phare du 19ème siècle avant qu’elle ne soit détrônée, avec le développement du chemin de fer, par la poule de Bresse ! Le boulanger parisien Christophe Vasseur reproduit la brioche à la parisienne avec les oublis, ces gaufrettes plaisirs de l’époque.  L’historienne Julia Csergo nous explique l’origine du pique-nique. Nous apprenons qu’à l’époque, avec les grands travaux de Paris en perpétuel chantier, les parisiens fuyaient le dimanche la ville pour se mettre au vert à la campagne, que le tableau de Manet fit scandale avec la sensualité représentée par les deux femmes, dont une nue, l’autre à peine vêtue ! Ces pique-niques,  pratiquées au début par les artistes, qui partageaient leurs victuailles et leurs femmes (Manet avait même nommé sa toile la partie carrée !) étaient ensuite reprises par la bourgeoisie. Sur la consommation de l’absinthe, le producteur d’absinthe Hugues de Miscault, nous révèle pourquoi la couleur verte est omniprésente sur les tableaux ! 
Ce dimanche, c’est au tout de la chef trois étoiles Anne Sophie Pic qui est l’invité de l’émission avec « L’été », une huile peinte par Giuseppe Arcimboldo en 1573 et qui fait partie de la série intitulée "Les quatre saisons ». 
La recette proposée par la chef est une fine gelée et mousseux à la carotte, yaourt brassé à la fleur d’oranger et poivre de Voatsiperifery de Madagascar. Si vous ratez l’émission en direct, vous avez une chance de le revoir avec Arte+7 ! www.arte.tv/guide/fr/050182-003/de-l-art-et-du-cochon

samedi 13 septembre 2014

Vous les avez aimés, mangez-les de Pascal Rémy, Jean Lecointre



Les ingrédients principaux de ce livre de cuisine sont déjà clairement annoncés sur sa couverture jaune canari : le chien, le chat, les rongeurs, les oiseaux, les poissons, les exotiques, les équidés. En un mot, vos amis de compagnie ! Comme tout bon maître, vous les avez jusqu’à présent gâté, chéri. Il ne vous vient même pas à l’idée qu’ils puissent un jour passer à la casserole pour être dignement servi sur votre propre table, et pallier à vos problèmes budgétaires de fin de mois! Ce livre « Vous les avez aimés, mangez-les » écrit par Pascal Rémy, illustré par Jean Lecointre, aux éditions de l’Epure, va vous débarrasser de vos idées préconçues, et vous invite à tester ses bonnes recettes « économiques » qui feront le bonheur de toute la famille ! Il faut bien sûre lire ce livre au second degré. Pour tuer d’emblée dans l’œuf toute critique qui proviendrait des amis les bêtes, l’auteur précise dès l’introduction ses intentions « Ce livre se veut délibérément une provocation, un coup de pied dans la fourmilière de nos idées reçues. Il est temps que se pose la question de la souffrance animale aux seules fins de nos plaisirs gastronomiques. Nous nous grandirions à ne plus cautionner par nos achats les conditions dégradantes infligées aux animaux par la plupart des élevages industriels. Sans se refuser à une consommation raisonnée, on peut exiger que les animaux d’élevage soient bien traités de leur vivant et mis à mort de la manière la plus digne possible ». 
Derrière son livre potache, Pascal Rémy pose la question sérieuse du « meurtre alimentaire » dans nos sociétés ? Qu’est-ce qui est de l’ordre du comestible et de ce qui ne l’est pas ? Comment en définir les frontières liées au Culturel ? Qui en décide (Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà) ? Comment gérer ce meurtre alimentaire pour préserver à la fois la dignité et la souffrance animal, en tenant compte aussi une fois ingéré, de son impact sur notre santé ? Comment sont guidés nos propres choix alimentaires ? Une fois ces réflexions posées, prenez du recul et détendez-vous en découvrant les recettes qui ne manquent ni de sel, ni d’imagination, ni d’humour de Pascal Rémy. Et vous allez beaucoup rire ! Le caniche nain, « le plus exécrable des chiens » est transformé en « pâte de caniche nain » par l’auteur par humanité ! Le teckel, de par sa forme est cuisiné naturellement en « rosbif de teckel », facile à trancher. La recette de « chaud-froid dalmatien » conserve ses célèbres tâches noires grâce à de fines lamelles de truffes. 
Certaines recettes frôlent le conte et l’impossible, comme le « civet de chatons » qui nécessitent une portée de 6 à 8 chatons, ou le « Gya kok au dogue du Tibet », une fondue tibétaine qui nécessite un dogue , un litre de bouillon de bébés pandas mâles, 200g de poisson notamment du dauphin coupés en petits morceaux, en plus de l’assortiment de légumes. D’autres recettes sont plus délirantes comme « l’arc-en-ciel de caméléons au bleu » où il vous faut six caméléons cuits dans un court bouillon confectionné avec de la carotte, de l’oignon, du thym, du laurier, du citron, du vinaigre, du beurre. Pour avoir les 6 couleurs de l’arc en ciel, il faut vous munir de 6 papiers de couleur : rouge, j’aune, orange, vert, bleu, violet. Posez chaque caméléon sur une feuille de couleur. Attendez qu’ils prennent chacun la couleur du papier avant de l’assommer, le videz, et le jeter dans le court bouillon. Les burgers, prisé par les enfants n’est pas oublié. Avec le « hamsterburger », vous pourrez même y faire participer vos enfants dans sa réalisation. Même les traditions sont respectées « le chiot de noël aux marrons » ! Ce livre, « Vous les avez aimés, mangez-les », aux 31 recettes à la fois ludiques, décalées avec à chaque fois une vraie stroytelling, joliment illustrées par Jean Lecointre, est un ovni rafraichissant dans l’offre des livres culinaires du moment. Pascal Rémy est diplômé de l'école hôtelière de Thonon Les Bains.  Il précise qu'aucun animal n'a été maltraité pendant l'écriture de son livre.
 A lire et à offrir sans modération et sans se prendre au sérieux !

vendredi 12 septembre 2014

Semaine gastronomique chinoise au Shangri La Paris, avec le chef étoilé cantonais Ip Chi Cheung de Hong Kong



Plus besoin de prendre un vol pour Hong Kong pour découvrir la cuisine du chef doublement étoilé cantonais, Ip Chi Chueng叶志祥, de l’hôtel  Shangri La Hong Kong. Du 14 au 22 septembre 2014, il fera escale au Shangri La Paris, le temps de vous faire découvrir le meilleure de la gastronomie cantonaise. Parmi ses plats signatures, il y a les calamars et poivrons en salade彩椒吊片絲, les aubergines confites au gingembre薑米煎茄子, le sauté de bœuf à l’ail et sauce xo XO醬蒜香牛柳粒, le homard cuit au plat avec cébettes et oignons三蔥焗龍蝦, les crevettes sautées au vinaigre noir陳醋炒蝦球, la fraicheur de mangue à la noix de coco et baies de goji 杞子海底椰芒果糖水. Il est prudent de réserver votre place.

Reprenez-vous encore un peu de haggis écossais ?



« Reprenez-vous encore un peu de haggis ? ». Telle était la question que me posait il y a quelques années la maîtresse de maison, lors d’un déjeuner à Edimbourg, où ce fameux haggis, le plat le plus emblématique de l’Ecosse était servi. Ma réponse était « no, thanks, i just have enough ! ». Pour celles et ceux qui ne connaissent pas le haggis, il s’agit d’une panse de mouton farcie avec son foie, ses poumons, son cœur, de l’avoine, du sel, du poivre, de l’oignon, des épices. Sa présentation est très rustique, avec une odeur forte et un visuel peu engageant. Mais pour les amateurs d’abats et pour les écossais, cette recette est une bénédiction. Dans la dernière ligne droite du référendum sur l’indépendance de l’Ecosse le 18 septembre 2014, ce haggis est devenu un des plats qui se vendent le mieux en rayon traiteur dans les boutiques à Londres. Est-ce le signe d’une gourmandise soudaine ou l’expression d’un sursaut des écossais qui sont installés à Londres ? Une chose est sûre. Le haggis est de toutes les tables de fête en Ecosse, notamment chaque 25 janvier lors du Burn’s Supper, qui célèbre le grand poète Robert ou « Rabbie » Burns, auteur du Address to a Haggis. Il écrivit ce poème à Edimbourg en 1787 dans un élan patriotique, en pointant du doigt déjà à l’époque la perte des traditions écossaises séculaires depuis la fondation du Royaume-Uni quatre-vingts ans plus tôt. Comme le veut la tradition, le haggis est accompagné de neeps and tatties, soit des rutabagas et des pommes de terre écrasées, accompagné d’un verre de whisky, au soin de la cornemuse. Il n’est pas nécessaire de rappeler que les messieurs doivent porter le kilt pour passer à table ! D’où vient le haggis ? Plusieurs histoires nous content son origine, comme les repas de fortune des conducteurs de troupeaux emballés dans un estomac de brebis pour faciliter le transport, lorsqu’ils conduisaient leurs bêtes à la vente à Edinbourg. La recette était née des produits de terroir. L’avoine est la seule céréale qui pousse dans ces terres. Son mariage avec le mouton devenait une évidence. Certains vont même pousser la réflexion jusqu’à dire que haggis viendrait du français « haché », donc inspiré d’un plat français ! En Ecosse, le haggis est non seulement le plat, mais aussi un jouet. Lors des compétitions sportives des Highlands Games, une épreuve consiste aussi à lancer au plus haut un haggis d’un kilo ! En Ecosse, chaque famille a sa propre recette de haggis. Depuis, il y a des recettes revisitées qui remplacement les abats par de la vraie viande, ou en version végétarienne. Les abats sont remplacés par des légumes et des légumineuses. Mais pour les Ecossais, ces versions ne sont pas authentiques. Pour découvrir la recette traditionnelle, cliquez ici pour connaître celle diffusée par la BBC. Sur Paris, vous pouvez en acheter un tout prêt à l’épicerie anglaise, il y a même en version « bouchée cocktail » !