jeudi 24 avril 2014

La Vaisselle des chefs à Beaune

Connaissez-vous ces ventes de Vaisselles des chefs ? Je le découvre aussi. Les chefs de restaurant, étoilés ou non, renouvellent souvent leur vaisselle et ustensile de cuisine pour être en accord avec leur nouvelle carte, ou parce qu’ils changent de décor. Au lieu de les stocker dans leurs réserves, ces chefs les mettent en vente, permettant à leurs clients, au grand public, aux antiquaires ou aux passionnés de leur gastronomie, de leur établissement d’acquérir une part de leur histoire, parfois chargé d’émotion. C’est exactement le même principe de vente que lors de la fermeture des grands palaces parisiens avant travaux.
La prochaine vente aura lieu à Beaune le 18 mai 2014, à la Halle de Beaune, juste en face des hospices. Cette année,  la vaisselle proviendra de : William Frachot (Hôtellerie du Chapeau Rouge, Dijon) avec des assiettes de créateurs qui illustrent ce post, Romuald Fassenet (Château du Mont Joly, Sampans), Yohann Chapuis (Greuze, Tournus), Christophe Bocquillon (Le Jardin des Remparts, Beaune), Nunzio Lacono (Da Nunzio, Chalon-sur-Saône), Edouard Mignot (Ed Em, Chassagne-Montrachet), Didier Denis (Hostellerie Bourguignonne, Verdun sur le Doubs), Jérôme Ruget (Chez Jules, Chalon-sur-Saône), David Le Comte et Nicolas Isnard (Auberge de la Charme, Prenois), Jean-Michel Carette (Aux Terrasses, Tournus), Cédric Caillet (Le Bourgogne, Chalon-sur-Saône), Laurent Montgillard (Le Clown Gourmand ,Chalon-sur-Saône), Jean-Philippe Dalmas (L’île Chaumette) et pour la 1ère fois, les assiettes très originales dites "assiettes du Bocuse d’Or" créées pour le concours du Bocuse d’Or.
 Le prix d’entrée est de 3,5€, gratuit pour les enfants. Pour connaître le détail de cette vente et la liste des chefs, cliquez ici.

mercredi 23 avril 2014

Dîner de sushis de Barack Obama et de Shinzo Abe chez Jiro Ono, Tokyo

Pour sa tournée printanière d’Asie 2014, le président Barak Obama vient d’atterrir à Tokyo en début d’après-midi ce mercredi 23 avril 2014. C’est la première visite d’Etat d’un président américain depuis celui du président Bill Clinton en 1996. 
Pour son premier dîner nippon, le président américain Barack Obama, accompagné du premier ministre japonais Shinzo Abe ont dîné en toute simplicité dans le restaurant de sushis, le Sukiyabashi Jiro,  de Jiro Ono小野 二郎, . Nous sommes loin des fastes présidentiels et du protocole habituels. Le restaurant de sushis de ce maître de 88 ans est situé dans une station de métro, au sous-sol  dans un décor spartiate.
Classé trois étoiles au guide Michelin depuis 2008, il faut être patient durant des mois avant d’avoir une place pour déguster à la Rolls Royces des sushis. Ici, nous sommes dans l’expression de l’art « d’un maître vivant », d’un « trésor national » qui continue à acheter les poissons et produits aquatiques les plus qualitatifs au marché de Tsukiji, à découper et à mettre en forme poisson, riz avec des techniques séculaires. Chez maître Jiro Ono , le budget minimum à prévoir est de 211€ pour 20 pièces de sushis. 
Pour découvrir cet art, vous pouvez revoir le film « Jiro Dreams of sushi », un documentaire que lui avait consacré le réalisateur David Gelb en 2011. Demain, le président Barak Obama rencontrera l’empereur Akihito au Palais Impérial. Le dîner d’Etat est prévu aussi pour demain soir. Après Tokyo, Barack Obama se rendra aussi Séoul, Manille et Kuala Lumpur.

Food Film Festival, Amsterdam

Si vous êtes de passage à Amsterdam du 9 au 11 mai 2014, ne ratez sous aucun prétexte le “Food Film Festival”. Ce festival de film alimentaire a été créé par le Youth Food Mouvement. Il s’agit d’un groupe composé de jeunes consommateurs et professionnels de l’alimentation, de chefs, de producteurs, de jardiniers qui désirent porter un autre regard sur l’alimentation, dans le manger bon, sain, équitable. Comme tous les festivals, vous pourrez assister à la projection de courts métrage, dont un film sur nos deux chefs jumeaux les plus célèbres de France « L’universelle des Pourcel Word », de 4 longs métrages (Love and Lemon de Teresa Fabik, The green butcher classic d’Anders Thomas Jensen, The lunchbox de Ritesh Batra, Zone Pro site : the moveable feast de Chen Yu Hsun), de documentaires. Vous pourrez assister aussi aux ateliers gourmands et aux rencontres débats. 
Au restaurant du festival, vous retrouvez le chef hollandais Joris Bijdendijk, qui a participé à l’émission du Top chef en France et qui vient de recevoir sa première étoile Michelin pour son restaurant Bridge à Amsterdam. Pour découvrir le programme détaillé, cliquez ici. Après tout, ce festival vaut un voyage à Amsterdam !

dimanche 20 avril 2014

Rotaract Club Avana, Antananarivo : l’amitié par le service ou comment ses membres améliorent la vie quotidienne des précaires.

En ce weekend Pascal, je désire saluer et rendre hommage à tous les Rotaract Club de Madagascar et du monde entier. Créé en 1968 aux Etats-Unis par le Rotary International, le Rotaract est un club de service qui regroupe des jeunes de 18 à 30 ans, qui mettent gracieusement  leur temps, leur sourire, leur coeur et leur compétence au service des autres. Leur slogan est « L’amitié par le service ». 
Pour avoir suivi les actions du « Rotaract Club Avana » d’Antanarivo dont le président n’est autre que mon neveu Jimmy Lo Line Mei depuis bientôt un an, je constate que les membres de son club se démènent pour la levée des fonds, pour mener des actions qui viennent en aide aux populations nécessiteuses à mieux vivre. Ces actions sont diverses, touchent à la fois l’éducation, la santé (par des campagnes de vaccination), la préservation de leur environnement et l’amélioration de leur conditions de vie. 
Dans un pays comme Madagascar où l’usage du charbon de bois pour faire la cuisine décime des forêts entières, le Rotaract Club Avana avait appris à la population à produire eux même une énergie renouvelable, le bio digester, une vraie alternative au feu de bois et au charbon. 
La dernière action avait eu lieu hier en collaboration avec le club Rotaract Mauricien, le Rotaract Flacq, par la mise à disposition d’un accès à l’eau potable grâce à la réhabilitation d’une pompe à eau et de son assainissement. Cette pompe à eau va changer la vie de 700 villageois qui habitent dans la grande banlieue d’Antananarivo, à proximité du palais royal d’Ambohimanga. 
Ce point d’eau potable évitera aux femmes qui font la cuisine, qui lavent le linge de faire des kilomètres à pied vers des points d’eau naturels pas toujours sains. A Madagascar, ce sont ces actions isolées, portées par des jeunes engagés, qui changent peu à peu la situation des précaires. Chaque collecte réussie, chaque réalisation est une fête. Hier, tous les Rotaract Clubs de la capitale malgache étaient présents pour fêter cet événement. 
Avec les belles photos de groupe de ses membres prises devant les rizières aux couleurs vert tendre, c’est toute la poésie des rizières de l’Imerina, toute autour de la capitale d’Antananarivo qui me reviennent en mémoire. Ces  jeunes pousses de riz sont la promesse d’une belle récolte. Le riz représente l’aliment de base des malgaches. Le club dont mon neveu est président s’appelle Avana. En malgache, cela signifie l’arc en ciel. Dans la tradition malgache, l’arc en ciel annonce le beau temps, le commencement des jours heureux, ce que les membres du club veulent apporter aux personnes auxquelles ils viennent en aide. La diversité des couleurs de l’arc en ciel symbolise aussi la diversité de ces jeunes des Rotaract clubs du monde entier qui oeuvrent vers le même objectif tout en tissant des liens d’amitiés. Si vous désirez soutenir financièrement le Rotaract Club Avana pour ses prochaines actions, cliquez ici pour entrer en contact avec le club.

samedi 19 avril 2014

Les saveurs des « Cent ans de solitude » de Gabriel Garcia Marquez

El amor es tan importante como la comida. Pero no alimenta.
(Gabriel García Márquez)
Cent ans de solitude, de Grabriel Garcia Marquez, était l’un des romans préférés de mon adolescence. J’étais à la fois séduit par son histoire, celle de la famille Buendia sur six générations dans le village imaginaire de Macondo, par son style narratif (appelé par les spécialiste le narratif magique), mais aussi par toutes ces saveurs qu’il offrait. Ce village fondé par plusieurs familles était conduit par José Arcadio Buendia et Ursula Iguaran. Etant un couple de cousins, ils avaient eu peur que leurs enfants naissaient avec une queue de cochon à cause de leur parenté ! Ursula était la matriarche de cette famille. Elle vit plus de cent ans et était à la fois l’âme du foyer et de la cuisine. C’est avec son histoire que nous découvrons aussi ce que mangeaient et buvaient les personnages du roman, de la construction du village de Macondo, de l’apogée de son développement social, économique et politique, jusqu’à sa décadence. Lors de leur fuite pour atteindre Macondo, José Arcadio et Ursula survivaient en mangeant de la viande de singe et de la soupe de serpents, des nourritures de nature sauvage, considérées comme impur qui ravageaient leur estomac. Au moment de la création du village, les aliments consommés étaient locaux et provenaient directement de la nature proche. Au fur et à mesure de son développement et de son ouverture vers l’extérieur, les aliments et les recettes  se diversifiaient et s’enrichissaient de produits et de savoir-faire extérieur. Ce qui ne changeait pas, c’était la passion du café noir de tous les Buendia, consommé sans sucre. Au début du roman, c’était la saveur du basilic qui accompagnait les productions du jardin d’Ursula et des viandes issues de son petit élevage : chèvre, porc, poulet. L’odeur de ce basilic s’imprégnait même dans ses vêtements. Leur goût pour le gibier restait intact. Lorsqu’ils tuèrent un cerf, ils avaient rôti une partie et conservaient l’autre partie dans du sel. En tournant les pages du roman, Ursula diversifiait aussi les productions de son jardin avec l’aide de ses trois enfants : la banane, le manioc, l’igname, la courge et l’aubergine faisaient leurs entrées dans les recettes familiales. Dans sa fonction nourricière, Ursula savait aussi guérir avec ses aliments. Pour remédier à la mauvaise habitude de Rebeca de manger de la terre et de la chaux, elle lui préparait une potion de jus d’orange et de rhubarbe. Pour lutter contre la peste de l’insomnie, elle proposait une décoction d’aconit. Cette connaissance de la valeur médicinale des plantes, Ursula l’avait appris de sa mère. C’était aussi une vraie femme d’affaires lorsqu’elle ouvrit son commerce de bonbons en forme d’animaux, dont les bénéfices contribuaient à la construction de leur maison. Au moment de l’apogée du village, Ursula se lançait aussi dans la confection des pâtisseries avec les meringues, les biscuits, les puddings. Pour accompagner des biscuits, elle servait une gelée de goyave, ou de dulce de leche (la confiture de lait). Avec les générations qui suivaient, les arts de la table devenaient plus sophistiqués et devenaient presque un cérémonial, avec sa table nappée, son argenterie. Tous les ingrédients de la Colombie étaient conviés à ces tables gourmandes, cochon de lait rôti, pintade rôti, ragoût de viande, bananes cuisinées comme la banane frite, riz créole, macaroni,  ignames, maïs, autres légumes et fruits exotiques ! Le Rhum macéré dans du réglisse, du vin rouge et blanc servaient d’accord mets et vins. Les personnages buvaient même du Champagne ! Relisez ce romand, er replongez-vous dans ces saveurs de Macondo !


mercredi 16 avril 2014

La Maison du croque-monsieur, Paris : un concept américain !

Le croque-monsieur, ce sandwich chaud composé de pain de mie grillé, de jambon et d’emmental gratiné est bien connu dans nos bistrots parisiens. Certains vont même le napper d’une sauce béchamel pour apporter plus de moelleux. Le premier restaurant qui lui est entièrement dédié, vient d’ouvrir ses portes à Paris dans le quartier de Montparnasse. Ouvert non pas par des français mais par des américains ! La Maison du croque-monsieur débarque de New York avec une touche glamour complètement revue. Vous avez toujours le traditionnel Mr Henry (jambon fromage) proche de la version parisienne, mais aussi 15 autres recettes salées et sucrées comme  le Mr Rupert (saucisse-bacon-oeuf et cheddar), Mr Edouardo (Bresaola, mozzarella fumée, béchamel, huile de truffe) ou le sucré Mr Gonzalo (Banane, nutella et mascarpone). Comme vous pouvez vous y attendre, les noms des recettes portent tous le prénom d’un monsieur ! C’est la tendance du moment. Ce restaurant rejoint la vogue des restaurants entièrement dédiés à un seul produit, proposé à partir de 7€ ! Les végétariens ne sont pas oubliés.
La Maison du Croque-Monsieur, 37 bd du Montparnasse 75006 Paris 

mardi 15 avril 2014

Le livre de cuisine de Jules Gouffé

Jules Gouffé fut le cuisinier de l’Empereur Napoléon III. C’est donc tout naturellement qu’avec la nouvelle édition de son livre, « Le livre de cuisine de Jules Gouffé » aux éditions du Chêne, 8 restaurants emblématiques de Vichy vous proposent de découvrir sa cuisine du lundi 21 au dimanche 27 avril 2014 avec l’opération « Les cuisiniers de l’Empereur ». Jules Gouffé pâtissier de formation avait comme maître Antonin Carême. Il fut appelé l’apôtre de « la cuisine décorative ». 
Son livre s’adresse à la fois aux débutants et aux chefs confirmés, avec 500 recettes, largement illustré par des dessins et des planches. Voici la présentation du livre par l’éditeur :

Le livre de cuisine de Jules Gouffé est l''un des livres les plus prisés de la fin du XIXe siècle. Cet ouvrage, témoin d''une époque fastueuse, traite à la fois de la cuisine bourgeoise et de la grande cuisine. Remarquable par le nombre des recettes et leur détail, ce livre marque un tournant important dans l''évolution de l''art culinaire et fut utilisé par de nombreuses générations. Gouffé avait pour amis tous les gastronomes de son temps. Jules Gouffé a découpé son livre en deux parties, l''une consacrée à La cuisine des ménages qui se veut très simple, sans complications d''aucun genre de manière à mettre les recettes tout à fait à la portée des débutants et des apprentis. Pour l''auteur, la différence fondamentale entre son livre et tous les livres de cuisine précédents, réside dans le fait qu''il s''est attaché à donner les quantités et les durées de cuisson pour chaque recette, afin d''arrêter les approximations souvent à l''origine de mauvais repas. La seconde partie est consacrée à La grande cuisine. L''auteur y présente la cuisine dans tous ses développements et ses perfectionnements. Ce livre de cuisine rassemble, en plus de nombreuses recettes, des indications sur les ustensiles de cuisines utilisés dans la seconde moitié du XIXe siècle. Mais ce qui fait la richesse de ce livre est qu''il n''a jamais été oublié des grands cuisiniers jusqu''à ce jour. Bernard Loiseau (1951-2003), grand cuisinier français qui fit découvrir une nouvelle gastronomie, plus épuré à tous les gourmets autour de sa table à Saulieu, n''a pas manqué de souligner son admiration pour Gouffé.