samedi 10 décembre 2011

Fête des lumières, Lyon

Depuis jeudi soir, les nuits lyonnaises sont plus belles que ses jours ! Comme par magie, toute la ville est habillée de lumière par les plus grands artistes. Place Bellecour, Jacques Rival, après avoir mis la statue de Louis XIV dans une boule à neige, le suspend cette année en apesanteur avec des ballons multicolores. Place de la République, Key Frames met en scène 66 personnages lumineux dans des postures figées différentes, tandis que Marie Jeanne Gauthé, place des terreaux, fait échapper dans un galop sauvage et sensuel les chevaux de Bartholdi sur les façades du musée des beaux arts. Dans le vieux Lyon, la cathédrale Saint Jean nous offre « le chant de la prière », une création lumineuse et musicale de Daniel Knipper sur sa façade fraîchement rénovée. La fête des lumières est la fête la plus importante et la plus populaire de Lyon (programme détaillé ici). La ville attend plus de 3 millions de visiteurs. Vous devez donc vous armer d’un peu de patience pour accéder à certaines installations artistiques. Pour avoir arpenté les rues hier soir aux effluves de vin chaud à la cannelle et de marrons grillés, le spectacle en vaut le déplacement et vous avez encore demain dimanche soir pour en profiter.
L’origine de cette fête des lumières remonte au 8 décembre 1852. Elle est religieuse. En effet, lorsque le sud de la France était touché par la peste, la ville de Lyon en 1643 s’était mise sous la protection de la vierge Marie. Ils firent le vœu de lui rendre hommage chaque année si l’épidémie de peste était vaincue ! Promesse fut tenue et tient encore ce jour. Depuis, à chaque 8 décembre, en remerciement à la vierge Marie, le lyonnais décorent leurs fenêtres de lumignons, des petites bougies allumées dans des verres colorés, qui dessinent de jolis traits de lumières sur les façades des immeubles. De plus, comme à ses origines, un cortège religieux, aux flambeaux, part de la cathédrale de Saint Jean pour se rendre à la basilique Notre Dame de Fourvière, pour rendre hommage à la Vierge. C’est depuis 1989 que la ville de Lyon accompagne cette fête religieuse d’animations lumineuses, lui donnant une connotation commerciale qui hérisse les croyants et les lyonnais ! Ces derniers restent fidèles à leurs traditions. L’allumage des lumignons est un moment fort de cette fête qui réunit au moins trois générations sous le même toit, histoire de transmettre ces rituels à la jeune génération. Il s’agit d’une vraie fête familiale où on a plaisir à partager un saucisson à cuire, accompagné de pomme de terre, avant d’aller admirer les illuminations. La préparation est simple et peut s’effectuer à l’avance. Pour 6 à 8 personnes, achetez un saucisson de Lyon à cuire de 800g environ. Selon votre goût, vous pouvez le choisir nature, pistaché ou truffé. Les plus réputés sont fabriqués par une des célèbres mères de Lyon,
Colette Sibilia aux Halles de Lyon (vous pouvez même commander en ligne). Vous le faites cuire dans une casserole remplie d’eau, avec 20 cl de vin blanc et un bouquet garni. Après la première ébullition, réduisez le feu et laissez cuire à frémissement pendant 30 minutes. Après cuisson, sortez le saucisson, égouttez-le et gardez-le au chaud. Par ailleurs, faites cuire 1kg de pomme de terre de votre choix à la vapeur (environ 30 minutes). Après cuisson, épluchez la peau, puis débitez les pommes de terre en rondelles. Assaisonnez les d’une vinaigrette confectionnée avec 2 cuillères de vinaigre de xérès, 5 cuillères d’huile de noix, sel et poivre. Servez le saucisson coupé en rondelle sur les pommes de terre assaisonnées. Vous pourrez accompagner votre saucisson à cuire d’un beaujolais, un côte de Brouilly par exemple.

1 commentaire:

Decrauze a dit…

Et les lumières fusent…
Faire abstraction de la multitude dans ses artères et absorber les projections lumineuses. Initiation à l’esthétisme d’une ville réinventée : des myriades de flammes du Huit aux ballets de couleurs sur bâtiments transmués, les sens exaltent.
J’entame par du grillage à poules, aux abords du lac de la Tête d’Or, pour un irréel vaporeux. J’effleure ensuite la crinière du cheval échappé de la fontaine Bartholdi, puis je grime vers la façade fraîchement restaurée de la Saint-Jean. D’une rive l’autre, les passerelles dévoilent leurs charmes : celle du Collège pour un soir pyrotechnique, celle de la Justice pour des feux de la rampe orchestrés sans fausse note.
Sous la bénédiction bleutée d’une basilique en suspens, les quartiers de Lugdunum s’illuminent et la pleine lune se devine, comme un signe céleste.
Une, deux, trois lumières ! Ne bougeons plus, la féérie s’opère.
Cf. http://pamphletaire.blogspot.com/