mercredi 12 août 2026

Le goût affirmé du Pape Léon XIV pour la cuisine péruvienne.


La visite du Pape Léon XIV  (Robert Francis Prévost) en France du 25 au 28 septembre 2026 en France s’annonce historique. Entre les Vêpres à la cathédrale Notre Dame de Paris, la grande veillée de prières avec les jeunes au stade de France à Saint Denis, les trois grandes messes à Paris, Lourdes et Metz, ce sont autant d’occasion de rencontres, de prières et de bénédictions avec les Français.


 Logé à la nonciature apostolique en France, l’équivalent du Saint Siège à Paris, aura-t-il le loisir de goûter et aimer la gastronomie française ? Perçu comme un fin gourmet avec un excellent appétit, le Pape Léon XIV cultive un goût affirmé pour la cuisine péruvienne avec plus de 20 ans passé dans le pays, en qualité de missionnaire à Chulucanas en 1985, puis comme évêque de Chiclayo en 2014 avant de rejoindre Rome. Une fois nommé Pape le 8 mai 2025, il reste nostalgique de cette cuisine andine au sein du Vatican. Dans une de ses photos les plus connues, on le voit en train de se servir lui-même une assiette à partir de grandes marmites dans un comedor populaire de Chiclayo. 


Il fit même venir une cuisinière péruvienne à son service, Veronica Sanchez Molina, pour lui préparer ses repas au quotidien. 


Parmi ses plats préférés, il y a le seco de cabrito chiclayano, un ragoût régional de chevreau mijoté dans une sauce parfumée à la coriandre, à l’aji amarillo (piment doux) et chicha de jora (boisson fermentée pré-colombienne à base de maïs et d’épices), servie avec du riz, des haricots et des yuca (manioc) /


 le ceviche, le poisson mariné avec du jus de citron vert, garni d’oignon rouge et de piment /  

 l’arroz con pato, un canard tendre  mijoté dans une sauce à la coriandre, à la bière et aux piments, avec un riz cuit dans le jus de cuisson / 


le lomo saltado, du bœuf sauté aux oignons, gingembre, avec une sauce salée et acidulée né de la cuisine chifa (fusion péruvienne et chinoise), servi avec du riz blanc et des frites. 


Pour la note sucrée, il y a le pastel de peras de Pimentel, un gâteau rustique à la poire cousin du far. A Pimentel, ce gâteau est tellement aimé par le Pape que certains habitants l’appellent « El pastel del Papa » ! Le Pape aime cette cuisine locale péruvienne, les repas simples et généreux qu’il partage avec les personnes qui l’entourent. La France a quatre jours pour lui ouvrir les horizons culinaires avec des recettes comme le bœuf bourguignon, le canard confit sauté aux pommes de terre, une belle blanquette de veau avec du riz pilaw, une délicieuse tarte Bourdaloue, accompagnés de vins de France ! Si vous souhaitez aller à sa rencontre lors de son séjour en France, il est temps de vous inscrire sur le site ici gratuitement.

mardi 11 août 2026

Exposition « Enfants et alcools : normes, éducation et prévention, XIX au XXIème siècle » à Rouen


Si l’association des mots « enfants » et « alcool » semble incompatible de nos jours, l’exposition « Enfants et alcools : normes, éducation et prévention, XIX au XXIème siècle » au musée national de l’éducation à Rouen nous rappelle que jusqu’au milieu du XXème siècle, l’alcool n’était pas étranger au monde scolaire. 


Il pouvait être présent sur les tables des cantines pour le déjeuner des enfants, mais aussi sur les objets publicitaires distribués aux écoliers comme les buvards, cahiers, crayons et protège-cahiers. L’exposition révèle que jusqu’aux années 1950, dans une France marquée par la culture du vin, l’alcool faisait partie du quotidien des écoliers et pouvait même trouver sa place à l’école élémentaire. A l’époque, le vin, la bière, le cidre étaient souvent considérés comme des boissons ordinaires, et même bénéfiques pour la santé, plutôt que comme des produits dangereux. L’eau potable n’était pas toujours sûre et l’alcool faisait partie des habitudes alimentaires familiales. Ce qui paraît surprenant aujourd’hui était longtemps considéré comme normal. 


A travers des objets, affiches, photographiques et documents pédagogiques, cette exposition montre comment l’école a progressivement changé de rôle : d’un lieu où l’alcool pouvait être banalisé à un espace privilégie de prévention et d’éducation aux risques. Elle permet de mesurer combien nos représentations et nos habitudes ont évolué. Elle invite aussi à mieux comprendre comment la publicité, l’éducation et les normes sociales influencent les enfants. 


Le musée national de l’éducation nationale est installé dans une belle maison gothique de la fin du Moyen-Âge à Rouen et l’entrée est gratuite !

lundi 10 août 2026

Des recettes de chefs inspirées de célèbres tableaux


Dans sa série d’articles « Wie gemalt (Comme un tableau) », l’hebdomadaire allemand « Die Zeit » nous fait saliver avec une série de recettes de chefs inspirées d’œuvres d’artistes de différentes époques. Pour cette belle rencontre entre peinture et gastronomie, les chefs imaginent des plats en reprenant soit le sujet, l’atmosphère ou l’esthétique. 



Pour « Le Pays de Cocagne (1567) » de Pieter Bruegel l’Ancien, avec une vision fantasmatique d’un monde d’abondance et de nourriture à profusion, le chef Achim Hack le traduit en un généreux Schweinsbraten, un rôti de porc à la peau croustillante. 



Avec « Le déjeuner sur l’herbe (1865) » de Claude Monet, la scène de pique-nique inspire le chef Toni Mörwald d’un pâté de veau en croûte, que les personnages auraient pu emporter avec eux. 


Pour la nature morte « Stilleben mit drei Lachssteaks » de Francisco de Goya, le chef Holger Bodendorf le décline en un tartare de saumon, accompagné de pomme et de concombre. Le poisson peint devient le cœur d’une recette fraîche et contemporaine. 



Avec « La gourmandise » de Maria Blanchard, la référence au titre du tableau conduit à une interprétation sucrée du chef Christofer Kokozska : des Windbeutel, des choux garnis d’une crème au chocolat qui prolonge l’idée de gourmandise. Les œuvres se tournent aussi vers l’art de XX et XXIème siècle. 



L’univers du Pop Art de Roy Lichtenstein est transporté dans un gâteau aux cerises par la cheffe Alina Meissner-Bebrout dont l’apparence colorée évoque l’esthétique graphique de l’artiste. L’œuvre de David Shrigley avec des pomme de terre inspire Masaaki Suzuki en des bâtonnets de pommes de terre enveloppés de nori accompagnés de sauce sukiyaki. 



Enfin, l’œuvre « Sunday Night Dinner » de Nicole Eisenman, avec une scène de dîner familial devient pour la cheffe Nina Meyer, une assiette de spaghetti aux boulettes, agrémentés d’amandes et des myrtilles marinées au vin rouge. Dans ces recettes « Comme un tableau », tous les chefs très talentueux et créatifs ont choisi un élément particulier de l’œuvre – son sujet, son contexte, son style, son esprit – pour le transformer en une expérience culinaire.

Mon ami Curnonsky de Louis Michaud


Ce premier roman de Louis Michaud « Mon ami Curnonsky » aux éditions du Rocher montre qu’une rencontre littéraire même improbable peut changer une vie ! C’est celle d’Hubert 32 ans, personnage principal avec une existence désenchantée, en quête de sens qui découvre les écrits de Curnonsky, le célèbre gastronome français, élu « Prince des gastronomes » en 1927. En découvrant son œuvre et de sa philosophie, Hubert se laisse gagner par une nouvelle manière de vivre : retrouver le goût, le plaisir de la cuisine, des vins, les traditions et la liberté de penser. Cette découverte le conduit malgré lui jusqu’aux « Curnonskas », un groupe engagé, qui entend défendre la gastronomie française contre l’uniformisation du monde moderne avec un fast-food plastiqué dans un village de Bourgogne ! Ce roman initiatique plein d’humour et de gourmandise avec comme ressort la cuisine française et Curnonsky évoque l’art de vivre. Une rencontre avec l’auteur est prévue le 3 septembre 2026 à 19 heures à la librairie L’Ecume des Pages à Paris pour le lancement de son livre.

dimanche 9 août 2026

Le musée de l’absinthe à Auvers sur Oise


A Auvers sur Oise, le musée de l’absinthe raconte l’histoire d’une boisson devenue emblématique du XIXème siècle et intimement lié à la vie artistique parisienne. Avec son appellation de la « Fée verte », l’absinthe était très populaire dans les cafés, les cabarets où se retrouvaient peintres, écrivains et poètes. Vincent Van Gogh, comme de nombreux artistes de son époque en buvait. 


Lors de son séjour à Paris à partir de 1886, il découvre la vie des cafés de Montmartre, fréquente notamment Toulouse Lautrec et d’autres artistes d’avant-garde, tous trinquaient probablement à l'absinthe. C'est une boisson spiritueuse élaborée à partir de grand absinthe (artemisia absinthium), d’anis et de fenouil. Son goût puissant herbacé et sa forte teneur en alcool ont contribué à sa réputation. Elle se boit traditionnellement avec de l’eau glace versée lentement sur un morceau de sucre posée sur une petite cuillère percée. L’eau trouble alors progressivement la boisson, c’est le fameux « louche ». 


A l’époque, la boisson était fortement dosée en thuyone, une huile essentielle avec des effets neurologiques, favorisant les convulsions. C’était une substance toxique consommée en grande quantité. On lui attribuait des phénomènes comme les hallucinations, la folie, la dépendance. Les absinthes actuelles sont réglementées concernant la présence de thuyone. 


L’histoire de ce musée commence en 1981, lorsqu’une biologiste passionnée, Marie Claude Delahaye découvre par hasard aux puces une étrange petite cuillère percée. Intriguée par cet objet, elle se lance dans des recherches sur l’absinthe et commence à collectionner tout ce qui s’y rapporte. Les verres, cuillères, bouteilles, affiche et objets publicitaires constituent cette collection unique que vous pouvez admirer. Le musée de l’absinthe est situé entre l’Auberge Ravoux où Vincent Van Gogh vécut ses derniers instants et le Châteaux de Léry où ses œuvres sont exposés avec les artistes de son époque.

Bonne nouvelle, après la visite, rendez-vous au salon de thé bar « A l’heure verte » déguster plusieurs variétés d’absinthe dans les règles de l’art. Une visite guidée du musée est prévue le 15 août 2026 à 15 heures avec un tarif préférentiel.

mardi 4 août 2026

L’édition B célèbre les icônes gourmandes de la France pour les touristes !


Cabas Paris parisien coiffé d’un béret rouge et portant une baguette à la main, le même cabas Paris en version parisienne avec lunette noire et bouquet de fleurs, cabas bonjour Paris avec le croissant en majesté…


C’est simple, le coup de cœur de mes amis touristes est immédiat devant ces produits d’Edition B dans la boutique du Marais à Paris. Leur univers célèbre l’identité française avec élégance, fraîcheur et autodérision autour des icônes immédiatement reconnaissables de Paris et de la France. 


Entre baguette, croissant, béret, fromage, champagne et bouteille de vin, marinière, monuments emblématiques, la marque s’amuse avec les clichés le plus emblématiques de l’art de vivre à la française. Les symboles sont réinterprétés avec humour et élégance, dans un style graphique coloré et contemporain. 


Entre affiches, cartes postes, magnets et petits objets, même les Parisiens sont séduits !

lundi 3 août 2026

La table, espace de plaisir. Le repas du savoir vivre au bien-être.


Ecrit par Jacques Pezu- Massabuau, agrégé d’histoire-géographie et Silvano Serventi, historien de l’alimentation, leur livre « La table, espace de plaisir. Le repas du savoir-vivre au bien-être » aux éditions Complicités, montre que le repas est bien plus qu’un simple moment pour se nourrir. Depuis l’Antiquité, la table est un lieu de rencontre, de partage, de dialogue. Ils rappellent que dans Le Banquet de Platon, le repas sert de cade à une réflexion sur l’amour, l’amitié, la sagesse, illustrant déjà l’importance des échanges autour de la table. Pour eux, les bonnes manières ne sont pas de simples règles de politesse. Elles permettant de créer une atmosphère de respect, d’écouté et de convivialité, où chacun trouve sa place à table. Cette vision rejoint celle de Brillat-Savarin, auteur de La Physiologie du goût, qui considère la gastronomie comme un art de vivre, et affirme que le plaisir de la table est indissociable du plaisir d’être ensemble. Les auteurs notent que les repas reflètent une culture, une histoire. A travers la littérature, ils rappellent que Rabelais dans Gargantua célèbre des repas généreux qui symbolisent la joie de vivre, de partage et d’abondance. Marcel Proust, avec sa madeleine dans A la recherche du temps perdu, illustre le pouvoir des saveurs à réveiller les souvenirs et les émotions. Ce livre est une réflexion sur la manière dont les sociétés humaines transforment l’acte si banal, de manger en un instant privilégié de plaisir partagé.