vendredi 30 octobre 2026

Dia de los Muertos : un autel de mémoire, de saveurs, de couleurs au centre culturel du Mexique à Paris.


A l’occasion du Dia de los Muertos, la traditionnelle fête mexicaine des morts, le centre culturel du Mexique rue vieille du temple à Paris présente un autel majestueux conçu par Guillermo Manzano, fondateur de la Galerie Del Corazon de la Tierra (Tlaquepaque, Jalisco). 




Au Mexique, cette célébration les 1ers et 2 novembre, est un moment de retrouvailles symbolique avec les êtres chers disparus. L’autel, appelé ofrenda représente un pont entre le monde des vivants et celui des morts. Les bougies guident les âmes, les fleurs orangées de cempasuchil (souci d’Inde) les accueillent par leurs couleurs et leurs parfums. Tandis que les bols d’eau apaisent leur soif, que le sel symbolise la purification. 





Selon la tradition, les âmes viennent retrouver les saveurs et les parfums des aliments préférés. La nourriture devient un geste d’amour et une offrande de mémoire. Sur l’autel à Paris, on y voit des brioches en forme de tête de mort appelés pan de muerto. On y voit aussi des pan de muerto en forme de crocodile, une spécialité régionale de l’état de Tabasco dans le sud du pays, des têtes de mort en sucre, les calaveras. On y voit aussi des tamales, des fruits, du chocolat. 





Dans les maisons mexicaines, on décore l’autel des photos des disparus, on y expose aussi leurs recettes préférées ! L’ofrenda signé par Guillermo Manzano est juste magnifique et impressionnante, tapissée de papel picado, les fleurs en papier et en cire. 



Bien plus qu’un hommage aux disparus, cet autel célèbre la vie, la transmission, les liens familiaux. Il exprime une vision profondément mexicaine de la mort. Elle n’est pas une rupture définitive, mais une présence qui continue de vivre dans les souvenirs, les traditions et les gestes de ceux qui restent ! 




Avec sa vitrine ornée de calaveras XXL qui donne sur la rue, vous trouverez facilement l’adresse du centre culturel du Mexique !


 

mercredi 28 octobre 2026

Conférence sur les auberges et hôtels d’artistes à Barbizon.


Dès le début du 19ème siècle, l’attrait de la forêt de Fontainebleau a contribué à faire des auberges et des hôtels de villages environnants les lieux de rendez-vous des artistes. 


Ils leur servaient à la fois de lieux de vie, de gaieté, de partage et de véritables supports de création avec leurs décors peints sur les murs, le mobilier. Certains de ces lieux en conservent encore aujourd’hui les traces, comme l’auberge Ganne à Barbizon, le Cheval Blanc à Chailly, l’hôtel Chevillon à Grez-sur-Loing. 



D’autres, ayant cessé leurs activités ou disparus depuis, nous sont connus par les peintures ou les écrits laissés par les artistes et chroniqueurs de l’époque. 


Cette conférence vous propose un voyage virtuel dans les lieux mythiques, connus ou à redécouvrir. Elle aura lieu le jeudi 27 novembre 2026 à 18h30 à l’hôtel culturel l’Esquisse, 73 grande rue à Barbizon. L’entrée est gratuite sur réservation au 01 60 66 22 27.

vendredi 23 octobre 2026

Taillevent. Histoire, recettes et mémoire du premier cuisinier français de Bruno Laurioux


Dans son livre « Taillevent. Histoire, recettes et mémoire du premier cuisinier français » aux éditions CNRS, l’historien Bruno Laurioux nous invite à découvrir Guillaume Tirel, dit Taillevent, l’une des premières grandes figures identifiées de la cuisine française médiévale. Cuisinier au service des rois de France au XIVème siècle, il incarne l’émergence d’un métier prestigieux, au cœur de la vie de cour, à une époque où la cuisine devient progressivement un art de distinction.

A travers le Viandier, célèbre recueil de recettes associées à son nom, il explore les pratiques culinaires du Moyen Âge, les ingrédients, les épices et les savoir-faire qui signent cette cuisine. Son libre va au-delà de la simple histoire de recettes. Il retrace également la construction de la mémoire de Taillevent, dont le nom a traversé les siècles pour devenir une référence majeure du patrimoine gastronomique français.

Dans les rencontres culturelles de la villa Rabelais à Tours, le mercredi 4 novembre 2026, de 18h30 à 20 heures, vous pourrez rencontrer et échanger avec Bruno Laurioux qui présente son livre. Un verre de l’amitié suivra cette rencontre.

dimanche 18 octobre 2026

Conférence « Conversations autour de l’histoire culinaire de Taiwan » à la fête champêtre de Taïwan à Levallois.


Ce dimanche d’immersion culturelle taïwanaise à l’hôtel de ville de Levallois Perret, organisé par l’association Formose en France, est une réussite. 






En accès gratuit, la programmation des spectacles et les ateliers créatifs font le bonheur des visiteurs de tous les âges. Les démonstrations d’arts martiaux, de musique à l’erhu, les jeux des cerceaux pour attraper des quilles en carton de verre de bulbe tea, le théâtre de marionnettes, la fabrication de masque traditionnel, l’initiation à la calligraphie… occupent joyeusement grands et petits, avant de se lécher les babines dans les stands de food pris d’assaut. 










La conférence qui m’a le plus intéressée est « Conversations autour de l’histoire culinaire de Taiwan », avec messieurs Hsieh Chung Tao 謝忠道 enseignant chercheur et titulaire de la chaire en études taiwanaise à l’Inalco, et Liu Chang Yueh劉展岳, journaliste et écrivain de la gastronomie. 



Leur dialogue nous raconte une cuisine taïwanaise de métissage, de fusion et d’adaptation de part l’histoire. Occupé durant 50 ans (1895-1945) par les japonais, l’héritage culinaire nippon fut bouleversé par le débarquement en 1949 de Tchang Kaï-Ckeh. L’île devient le refuge du gouvernement nationaliste défait sur le continent. L’arrivée massive de plus de 2 millions de personnes introduit les cuisines régionales chinoises avec les recettes phares comme les mijotés à la sauce rouge hongshao à base de sauce de soja, de caramel épicé, les rôtisseries de volaille et de porc, les nouilles, les plats mala (poivre de sichuan). 






Taïwan avant l’arrivée des nationalistes était l’un des pays les plus modernes d’Asie. En plus des mets traditionnels japonais (sashimi, riz et poisson, soba, porc pané, bouillon miso…), les pâtisseries européennes, comme celles des Portugais (le castella, le boro), qui transitait par le Japon, se retrouve aussi sur les tables à Taipei ! L’acclimatation de la cuisine chinoise sur l’île se cuisine aussi avec une adaptation de produits locaux. Monsieur Liu évoque une recette de mapo tofu (fromage de soja à la pâte de piment de Sichuan) de son enfance, complètement différente de celle qu’il consomme à Chengdu quelques années plus tard. La loi martial, levée en 1987 après 38 ans de régime d’exception a ouvert la voie à la démocratie et liberté. Elle a amené la population à s’interroger sur ce qu’est l’identité de la cuisine taïwanaise, qui inclue aussi celle des aborigènes de l’île. 







Le développement de l’économie et l’enrichissement de la population à partir des années 2000 les fait voyager à l’étranger, et les ouvrent à de nouvelles habitudes alimentaires, dont américaines avec des bases militaires installés dans le pays. La scène gastronomique à Taipei s’ouvre à la gastronomie française, grâce à l’entremise du jeune chef taiwanais, qui a fait ses classes chez les frères Laurent et Jacques Pourcel en France. Le chef Joël Robuchon ouvre son premier atelier à Taipei en 2009. Tous les chefs taiwanais, formés à la cuisine française, subliment les produits locaux avec les techniques française, tout en conservant l’ADN taiwanais. Le premier guide Michelin consacré à Taiwan parait en 2018 et met en lumière cette spécificité gourmande taïwanaise. Malgré le succès des créations taïwanais comme le buble tea, le gua bao connus mondialement, monsieur Liu reconnaît qu’il lui est impossible de citer des recettes nationales représentatifs comme les escargots, le foie gras en France. Les deux intervenants parlent de cuisines taïwanaises au pluriel, qui se fusionnent, cohabitent et s’enrichie en continue d’apport extérieure. La dernière contribution est l’influence des cuisines des Philippines, de l’Indonésie par ses travailleur migrants. 






L’un des livres recommandés est « Empreintes culinaires et littéraires : une histoire de Taïwan à travers ses cuisines ». Après la conférence, tous les auditeurs sont invités à la pratique pour déguster les délices proposés sur les stands. Il faut être très patient pour être servi, au moins 30 minutes de queue. Beaucoup de recettes étaient en rupture dès 14 heures ! 






J’ai été très séduit aussi par les stands d’artisanat, des agences de voyages et de la librairie.