jeudi 30 juillet 2026

Les cinq sens des magnifiques tapisseries de La Dame à la Licorne au musée Cluny Paris


Parmi les tapisseries célèbres de France, j’ai eu l’occasion d’admirer celle de la « Toile de conquête » au musée de Bayeux sur près de 70 mètres de long qui raconte l’épopée de Guillaume Le Conquérant en 1066, de «L’Apocalypse »  au château d’Angers tissée à partir de 1377, et « La dame à la licorne » au musée Cluny de Paris. 





Installées dans la salle 20 du musée dans une pièce préservée de la lumière naturelle, « La Dame à la licorne » est une série de six tapisseries tissées vers 1500 (entre 1484 et 1500), probablement dans un atelier flamand, d'après des cartons réalisés à Paris. Elles sont en laine et soie sur un fond rouge décoré de fleurs (« mille-fleurs »), commandées par la famille Le Viste. Les cinq premières tapisseries représentent les cinq sens :


Le Toucher
: la dame touche la corne de la licorne. Cette scène symbolise le contact avec le monde et la maîtrise de soi.


Le Goût
: la dame offre une friandise à un perroquet. Elle évoque le plaisir du goût et le discernement.


L'Odorat
: la dame confectionne une couronne de fleurs tandis qu'un singe sent une fleur. Elle symbolise les parfums, la mémoire et la beauté.


L'Ouïe
: la dame joue de l'orgue. Cette tapisserie représente l'harmonie et la musique.


La Vue
: la licorne se regarde dans un miroir présenté par la dame. Elle symbolise la connaissance de soi.


La sixième tapisserie, « À mon seul désir », montre la dame devant une tente où elle dépose son collier dans un coffret. Son sens reste mystérieux, mais elle est généralement interprétée comme la maîtrise des cinq sens, le libre arbitre ou le renoncement aux plaisirs matériels.

La licorne symbolise la pureté, le lion la force et la noblesse, tandis que le décor de fleurs représente un jardin idéal et intemporel.



Face à La Dame à la licorne, on ressent de l'émerveillement devant la beauté des tapisseries et la finesse de leurs détails. Leurs couleurs, leur atmosphère mystérieuse et leurs nombreux symboles invitent à la contemplation et éveillent la curiosité. Elles inspirent aussi un grand respect pour le talent des artisans qui les ont réalisées il y a plus de cinq siècles. Le musée doit changer les fiches de présentations qui sont usées ! Le privilège d'habiter à Paris est de pouvoir rendre visite régulièrement à ces dames à la licorne !

Kit sablés Licorne à la boutique du musée de Cluny de Paris


Même si l’exposition « Licornes » s’est achevée au musée de Cluny de Paris ; sa boutique propose encore plein de goodies en lien avec l’exposition, des livres, des cartes postales, des sacs, des mugs, des gourdes, des assiettes et gobelets à l’effigie de la célèbre licorne. 






Beaucoup d’enfants craquent pour le « kit sablé Licorne », soit 250g d’ingrédients pour 10 sablés avec un emporte-pièce Licorne ! De quoi obtenir des sablés stylés à la mode médiévale ! 





La boutique vous plonge naturellement dans les saveurs de l’époque avec de l’hypocras, de l’hydromel et de nombreux livres de cuisine passionnants du moyen-âge. 


 

De quoi se nourrit la licorne au musée de Cluny de Paris ?


Créature mythique par excellence, la licorne fascine depuis des millénaires. Le musée de Cluny à Paris célèbre pour ses six tapisseries de la « Dame à la licorne » tissés vers 1500 lui a rendu hommage avec une belle exposition. 




Les premières représentations d'un animal à une seule corne apparaissent dans la civilisation de l'Indus, avant que les auteurs grecs n'évoquent, dès l'Antiquité, un mystérieux animal vivant en Inde. 




Au Moyen Âge, la licorne est considérée comme réelle et figure dans les bestiaires aux côtés des animaux connus. Elle est généralement représentée avec un corps de cheval, une longue corne torsadée, une barbe de bouc, des sabots fendus et une queue de lion. 



Animal sauvage et insaisissable, la licorne est décrite comme herbivore. Elle se nourrit d'herbes fraîches, de jeunes pousses, de feuilles, de fleurs sauvages et parfois de fruits des bois. Elle boit l'eau des sources et des ruisseaux des forêts. Selon la légende, elle plonge sa corne dans l'eau avant de boire afin d'en éliminer les impuretés et les poisons. 





Les récits médiévaux racontent également que seule une jeune femme vierge peut l'approcher. Attirée par sa douceur et sa pureté, la licorne vient poser sa tête sur ses genoux, tandis qu'elle reste méfiante envers les hommes, qu'elle considère comme des chasseurs. Les célèbres tapisseries de La Dame à la Licorne, joyaux du musée de Cluny à Paris, illustrent cette richesse symbolique. Plus qu'un simple animal fantastique, la licorne incarne la pureté, la liberté, la force maîtrisée et le mystère.



 C'est sans doute cette alliance entre nature, imaginaire et spiritualité qui explique pourquoi elle continue de nous émerveiller aujourd'hui, ainsi que les peintres et artistes contemporains.

La fête de Guan Di à La Réunion, où les traditions se partagent et se savourent !



Chaque année, la communauté chinoise de La Réunion célèbre la fête de Guan Di, divinité emblématique de la loyauté, de la justice et de la protection. Inspiré du général Guan Yu 关 , personnage historique du IIIᵉ siècle devenu figure sacrée, Guan Di est honoré dans plusieurs temples de l'île, héritage de l'immigration chinoise arrivée au XIXᵉ siècle. Cette 13ème édition placée sous le thème de « Recevoir pour grandir, transmettre pour durer » met à l’honneur la transmission intergénérationnelles des traditions et des valeurs portées par la communauté chinoise réunionnaise depuis ses origines. À La Réunion, la fête de Guan Di illustre le dialogue entre les cultures. Tout en restant fidèle à ses racines chinoises, elle s'est enrichie des influences locales et constitue aujourd'hui un rendez-vous important du patrimoine réunionnais.


 Les 5 et 6 août 2026 seront dédiés aux célébrations en famille dans les temples, Les familles viennent rendre hommage à Guan Di en allumant des bâtonnets d'encens, en déposant des offrandes de fruits, de fleurs, de thé et de mets traditionnels, tout en formulant des prières pour la santé, la prospérité et l'harmonie familiale. 


Le 5 août à minuit, il y aura dégustation des mines (nouilles) de longévité, et le 6 août, le repas d’anniversaire de Guan Yu à 12 et 20 heures. Puis vient la grande fête populaire du 7 au 9 août 2026 lancée par une grande parade, 


suivie de spectacles de danses de lion et de dragons (j’ai de la famille qui y danse), de démonstrations d’art martiaux, de danses, des ateliers et de concours de dégustations. Des visites guidées sont organisées dans les trois temples historiques de la rue Saint Anne. L'un des temps forts de la fête est le repas rituel. Après les cérémonies, les aliments offerts à la divinité sont partagés entre les participants. Ce geste symbolise la générosité, la solidarité et la bénédiction reçue. Dans de nombreux temples, un repas végétarien est servi, composé de riz, de légumes, de tofu, de champignons et de vermicelles, avant de laisser place, selon les traditions, à des plats festifs comme le poisson, le poulet, les nouilles de longévité ou les pâtisseries chinoises. Préparés par des bénévoles, ces repas sont au cœur de la célébration. Ils rassemblent les générations autour d'une même table et perpétuent un savoir-faire transmis au sein des familles et des associations. Plus qu'une fête religieuse, elle rappelle que le partage d'un repas est aussi une manière de célébrer la mémoire, la fraternité et les valeurs de respect qui unissent les communautés réunionnaises. 


Pour les plus gourmands, l’espace food-court se trouve à l’école centrale, au village des Han. Le samedi soir, une fois le ventre bien rempli, place à une nocturne "All Shanghai" dédié au mahjong et au gaming ! Le programme détaillé se trouve ici.

vendredi 24 juillet 2026

La pâtisserie française candidate au patrimoine de l’Unesco


Portée par l’association Pâtisserie et Patrimoine présidée par le chef pâtissier Pierre Hermé, la candidature des « savoir-faire, pratiques et culture de la pâtisserie française » à l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco été officiellement présenté au Sénat le 27 janvier 2026. Cette démarche vise à faire reconnaître la pâtisserie française comme un patrimoine vivant. Plus qu’un art gastronomique : elle incarne un savoir-faire d’excellence, transmis de génération en génération, qui participe pleinement au rayonnement culturel de la France. 


Cette candidature fait son chemin avec la sortie le 24 septembre 2026 aux Éditions de la Bibliothèque nationale de France publieront « Une histoire de la pâtisserie », un ouvrage signé par Coline Arnaud et Isabelle Degrange, avec une préface de Nina Métayer, sacrée meilleure cheffe pâtissière du monde en 2024. 

Ce livre retrace l'évolution de la pâtisserie française du Moyen Âge à nos jours à travers les collections de la Bibliothèque nationale de France (BNF). Les autrices montrent comment cet art culinaire est devenu un véritable patrimoine culturel, mêlant savoir-faire, créativité, traditions et transmission.


 A l’occasion de la sortie de ce livre, les rencontres de la BNF se mettent à l’heure sucrée. Le 6 novembre 2026, la rencontre « Une histoire de la pâtisserie française » est prévue de 18 à 20 heures avec les chefs Bastien Blanc-Tailleur, Pierre Hermé, Myriam Sabet, et les autrices Coline Arnaud et Isabelle Degrange. 


Puis les 22ème rencontres François Rabelais à Tours de l’IEHCA les 19 et 20 novembre 2026 sont consacrées aux « Pâtisseries », présidées par Pierre Hermé, président de l’association Pâtisserie et Patrimoine, et Loïc Bienassis, historien du culinaire et des pratiques alimentaires, président du Conseil Scientifique qui portent cette candidature française à l’Unesco. Souvenez-vous, l’IEHCA (l’Institut Européen d’Histoire te des Cultures de l’Alimentation à Tours avait contribué à la réussite de la reconnaissance du « Repas gastronomique des Français » à l’Unesco ! Souhaitons à la pâtisserie française la même réussite !