L’exposition «
K-Beauty. Beauté coréenne, histoire d’un phénomène » au
musée Guimet
à Paris invite le visiteur à explorer trois cents ans de beauté coréenne, de la
fin de l’ère Josean (1392-1897) au vingtième siècle avec les influences
occidentales et la K-Pop !
Le parcours s’ouvre à la fin du XVIIIème siècle
où s’enracine les idéaux de beauté à travers des portraits de femmes et
d’hommes, dans une société marquée par les vertus du confucianisme.
Dès cette
époque, la beauté se voit de l’extérieur par les soins que chacun porte à sa
tenue vestimentaire, à sa peau, à sa coiffure, à sa posture en société. Elle se
vit aussi à l’intérieur de chacun à travers une alimentation équilibrée, une vie vertueuse et l’absence d’excès.
Ces canons de beauté sont
représentés dans les œuvres de Kim Hong Do (1745-1806) ou Shin Yun Bok
(1758-1813) avec des courtisanes nommées Kiseng reconnaissables à leurs
perruques volumineuses. La chevelure des femmes et des hommes est un marqueur
essentiel du statut et de l’identité dans la société Joseon. Les cheveux
doivent être soignés, peignés, parfumés, épinglés ou retenus par des rubans.
Pour les nourrir et les entretenir, on utilise les plantes comme le sésame noir,
le gingembre, l’angélique, l’écorce de murier.
Le traité médical le
« Gongguibogam » est un manuel de soin du quotidien. Il éclaire la
manière dont la santé, l’hygiène et le cosmétique forment un tout. La beauté
intérieure et les vertus attendues des femmes sont précisées dans le « Lie
Nü Zhuan, biographie des femmes exemplaires ». Même si les siècles
évoluent, les routines et les gestes de beauté du quotidien restent immuables.
On peut admirer les cosmétiques utilisés de la princesse Hwahyeop (1733-1752)
dont des poudres qui éclairent le teint. Cette peau lisse du visage
quasi-translucide, « glass skin » reste encore ce jour un critère de
beauté ! C’est à partir des années 1960 que l’industrie cosmétique
coréenne commence à prendre son essor. La mode occidentale et ses codes de
beauté influencent le pays après la seconde guerre mondiale (1939-1945) et la guerre
de Corée (1950-1953).
Les femmes coréennes issues du mouvement féministe de la
« Nouvelle Femme » raccourcissent leur longue chevelure
néo-confucéenne. Les codes de beauté traditionnels et occidentales cohabitent.
La notion de beauté des hommes se transforment aussi.
Si la virilité
traditionnelle est en cours jusqu’aux années 1970, elle se transforme dans les
années 1990 avec l’apparition d’un nouvel archétype, le Kon Min Nam (bel homme
en fleur) proche de l’esthétique métrosexuelle. Puis repris par les boys band
de la K-Pop ! Dans ce pays du matin calme, le cheminement de cette belle
exposition nous montre que la beauté sud-coréenne est à la fois un art, une
tradition, et un enjeu culturel évolutif ! Que cette beauté passe aussi
par une alimentation soignée.