lundi 18 mai 2026

Les petits plats de notre grand-mère de Kim Jiyun


C’est un grand coup de cœur pour ce roman « Les petits plats de notre grand-mère » de Kim Jiyun qui vous redonne foi en l’humanité, et qui vous fera saliver grâce aux Doshirak (도시락, la gamelle coréenne) de Gumnam. Septuagénaire joyeuse et altruiste, propriétaire de l’échoppe Manna Doshirak, elle propose les meilleures gamelles de la ville avec du riz plein à craquer garnis de viandes, de poissons, avec des mots réconfortants cachés comme « L’alimentation est le meilleur des remèdes. Mangez-bien pour ne jamais avoir mal ni au ventre, ni au cœur. Have a nice day again ! Toutes les boulettes sont faites à partir de Hanu (race bovin élevée en Corée) ». C’est une grand-mère attentionnée, bonne cuisinière, excentrique, humaine pour chaque client qui franchit le seuil de son restaurant. Elle les nourrit et leur redonne espoir. Son prénom Gum signifie « acier » et nam « profusion » pour lui souhaiter de vivre sans manquer d’argent. Son nom de famille Jeong signifie « amour » qu’elle sait donner à foison. Pour découvrir ce livre aux éditions Nami, cliquez-ici.

Commémoration gourmande des 400 ans de la naissance de Jean Talon à Châlons en Champagne, le premier intendant de la Nouvelle-France au Québec.


Le nom de Jean Talon à Montréal est très familier des habitants de la ville, que ce soit en prenant la station de métro située sur la ligne orange et la ligne bleue, ou en flânant dans l’un des marchés le plus connus. Né à Châlons en Champagne et décédé à Paris, nommé par le roi Louis XIV, Jean Talon (1626-1694) fut le premier intendant de la Nouvelle France. 


Ce fonctionnaire royal a su dans l’adversité jeter les bases de l’administration royale en Amérique dont le développement de l’agriculture, la pêche. Pour célébrer les 400 ans de sa naissance, Les Amis de Jean Talon à Châlons en Champagne commémore cette figure historique à travers une série d’hommages, de conférences et d’animations historiques. 


Parmi les conférences, j’ai noté celle de Catherine Ferland, historienne québécois et spécialiste de l’alimentation le 26 mai 2026 à 19 heures au cinéma La Comète sur « Bière et brasserie au Québec : 400 ans d’histoire effervescente ! ». La conférence rappelle que si la bière existe depuis des milliers d’années, elle était cependant inconnue au Québec jusqu’au début du 17e siècle, alors que les premiers colons amènent avec eux des connaissances qui leur permettent de produire leur propre bière. 


L’intendant Jean Talon s’avère était un fervent promoteur de cette boisson considérée comme « nourrissante et saine » ! Le vendredi 29 mai 2026, à l’hôtel de Crancé à 19h30, un repas commenté vous permettra de découvrir des mets évoquant l’évolution des pratiques alimentaires et de la gastronomie de la Nouvelle France jusqu’au Québec contemporain. « L’ambigu » à 45€ comprend une coupe de champagne de Joseph Perrier, entrée, plat, fromage et dessert avec vins et eaux. Lors de votre visite à Châlons en Champagne, vous pourrez déguster aussi la bière spéciale Jean Talon signée par la brasserie Orjy à Juvigny. 


Dans les livres scolaires d’autrefois, Jean Talon est popularisé comme un intendant proche du peuple. Une aquarelle de l’artiste Lawrence R. Batchelor en 1931 l’a représenté en visite dans une famille modeste. Le programme détaillé de cette célébration se trouve ici.

 

samedi 16 mai 2026

A la table de Renoir et des canotiers au musée d’Orsay Paris


L’exposition au musée d’Orsay Paris sur « Renoir et l’amour, la modernité heureuse » m’a enchanté. Dans la salle « Une partie de campagne » où Renoir explore le monde des divertissements en bord de Seine dès 1860 en se focalisant sur Chatou, le restaurant Fournaise et l’univers du canotage, on peut admirer quatre de ses tableaux qui évoquent le plaisir d’être à table.


 


Il y a la toile monumentale 130 x 170 cm « Le déjeuner des canotiers » qui symbolise l’art de la vivre à la française que je vois en réel pour la première fois. 








Renoir saisit la fin d’un déjeuner sur la terrasse du restaurant populaire Fournaise, fréquenté par de séduisants canotiers, de jeunes actrices venues de Paris, des écrivains, des journalistes, des mécènes. On note la décontraction des corps, la joie de vivre des convives, le plaisir de la conversation, leur connexion par les gestes, les regards et les couleurs. Une cartouche nous donne l’identité de cette tablée. Pour Renoir, ce banquet contemporain est une métaphore de l’harmonie sociale dont il rêve. 



Le tableau « Les Canotiers » réunit un trio, la jeune femme de dos est probablement Alphonsine Papillon (née Fournaise), la fille du propriétaire du restaurant avec deux jeunes et beaux canotiers. Le descriptif de ce tableau précise que chez Renoir, le thème du repas est associé à la convivialité populaire et aux relations apaisées entre hommes et femmes. 


« Le déjeuner » représente un couple à table. Est-ce l’éclosion d’une attirance ? La femme semble absorbée par ce qu’elle dit ou ce qu’elle mange, tandis l’homme la dévore tendrement des yeux. La grosse baguette et le vin rouge au fond des verres évoquent le désir. 



Dans « La fin du déjeuner », nous sommes dans une ambiance relâchée de fin de repas. L’homme allume sensuellement une cigarette. Le couple est rejoint par une autre femme en noir avec un petit sourire comme pour encourager un rapprochement avec la suggestion d’un triangle amoureux ! Chez Renoir, qu’importe le menu, partager un repas est un moment de plaisir, de relâchement, de détente, de sensualité et de désir !

Le restaurant Le Procope Paris depuis 1686


Le Procope, c’est le premier café-restaurant ouvert à Paris depuis 1686 dans le quartier de l’Odéon. 




Son décor et son atmosphère historique vous plongent dans des siècles passés avec ses boiseries, ses lustres, ses escaliers qui vous mènent dans les salons et salles à l’étage. Même les touristes de passage comprennent qu’ils sont dans une institution. C’est en ce lieu que Francesco Procopio Dei Coltelli, un sicilien venu à Paris servit les premiers cafés en 1686 dans des tasses en porcelaine, à l’époque où la boisson fit ses premiers pas en Europe. 





Situé près de la sortie de l’ancienne comédie française, ses premiers clients furent les auteurs, le comédiens les philosophes et les hommes politiques. A la fin du 18ème siècle, ce fut le rendez-vous des penseurs des Lumières comme Voltaire, Diderot, Alembert. Et un centre actif durant la Révolution française. On peut voir en décor les objets d’époques, des reliques révolutionnaires, des gravures anciennes. La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 est reproduite sur les murs d’une des salles. 






Dans le lieu où s’écrit en continue l’histoire de France, ses hôtes illustres comme anonymes sont tous férus de bonne chère. Le restaurant Le Procope propose une cuisine française de tradition avec des plats historiques comme le coq au vin ou la joue de bœuf braisée. 




Pour profiter de ce cadre unique, pour les petits budgets, vous avez un menu Procope au déjeuner à 26,50€ avec un plat, entrée ou dessert, ou à 33€ avec plat, entrée et dessert. Le jour de notre visite, nous avons choisi la terrine de canard au poivre vert, les ravioles du Dauphiné label rouge avec une crème au parmesan, suivi d’un paleron braisé à la bordelaise/purée de pomme de terre au beurre, filet de dorade sébaste façon bouillabaisse /pommes grenailles, poireaux fondants. 




Pour les desserts, c’était une coupe de sorbet citron de Sicile IGP, et une crème brûlée à la vanille de Bourbon. Les portions étaient correctes, les saveurs attendues au rendez-vous.

Les asperges, le légume fin et délicieux du printemps !


Qu’elles soient blanches, violettes ou vertes selon leur durée d’exposition au soleil, les asperges personnifient l’élan printanier. En déguster donne le sentiment d’être enfin au printemps ! 



Il faut savoir profiter de leur saison fugace. Celles que j’ai cuisiné sont des asperges violettes du Val de Loire. Pour préserver leur saveur délicate fruitée, leur couleur blanc nacré, j’ai opté pour une cuisson à la vapeur. Puis servies tièdes avec une sauce vinaigrette à la française. 


C’était délicieux !

mardi 12 mai 2026

EatFilm Paris, le festival de cinéma documentaire autour de la table.


Cette première édition à Paris d’Eatfilm du 11 au 14 juin 2026 est un festival de cinéma documentaire autour de la table. Il explore les liens profonds entre ce que nous mangeons et ce que nous sommes avec une sélection de 10 films de 7 pays. 



Une programmation qui met en lumière de jeunes chefs créatifs dans le monde avec « Planète chefs » de Stéphane Carrel, qui met en scène la transmission, le geste et l’excellence avec « Menus plaisirs, Les Troisgros » de Frederick Wiseman, la marge avec « Les glaneurs et la glaneuse » d’Agnes Varda, la puissance de la l’imaginaire et de la survie avec « Festin imaginaire » d’Anne Gorget,


 

la révolution des agriculteurs indiens avec « Inde, les paysans sèment la révolution » de Nishtha Jain & Akash Basumatary, et tant d’autres thèmes encore.  Le festival réunit les cinéastes, les chefs, le publics autour de projections de films, de rencontres et aussi de dégustations (3 dîners et 2 masterclass). L’ambassadrice de cette édition fondatrice ets la cheffe Manon Fleury.


 Le festival se déroule au CiNey et dans les jardins des Traverses Paris 18. Le programme détaillé se trouve ici.