Cette
exposition « Une journée au XVIIIème siècle,
chronique d’un hôtel particulier » au
musée des arts décoratifs de Paris nous invite à une immersion au cœur de l’intimité
d’une demeure aristocratique du XVIIIème siècle avec ses propriétaires, leurs
enfants, leurs domestiques et les animaux familiers.
Comme des invités de marque,
on y déambule d’une pièce à l’autre dans un hôtel particulier parisien reconstitué
dans les années 1780 où tous les arts décoratifs sont mis à l’honneur entre
arts de la table, céramique, orfèvrerie, mobilier, vêtements, accessoires de
mode, bijoux, jouets…
Comme le précise l’exposition, cet art de vivre à la
française du XVIIIème siècle est avant tout le privilège d’une élite, qu’elle
soit de naissance, d’argent ou de talent. Dans la vie quotidienne, Monsieur et
Madame disposent de leurs appartements respectifs et mènent « grand train »
de vie grâce à une quinzaine de gens à leur service.
Si le couple ne travaille
pas de ses mains pour tenir leur rang, il n’est pour autant pas oisif en se
consacrant à la gestion de leur fortune, et en cultivant leur esprit par les
arts et les sciences. Les enfants sont confiés la plupart du temps à des
nourrices jusqu’à leur deux ans. Ils ne voient leurs parents qu’au réveil et à
l’heure des repas.
Pour bien mesurer le temps, l’horlogerie civile et domestique
devient un bien de consommation désirable dans les foyers aisés.
Dès leur
réveil à 7 heures, le déjeuner, le premier repas de la journée est servi à
Monsieur et Madame. Il est composé d’un bouillon de viande et de légume, complété
des breuvages exotiques à la mode comme le café, le chocolat. Le dîner, est
servi dans l’aristocratie entre 14 et 16 heures, tandis qu’il se prend à midi
pour le peuple.
Au milieu du XVIIIème siècle, la salle à manger en tant que
pièce spécialisée dans la prise des repas s’impose. La table est encore dressée
sur des tréteaux.
Consoles et buffets servent de dessertes. Depuis le XVIIème
siècle, le couvert est dressé pour chaque convive avec des assiettes et des
couverts individuels. Le verre est disposé dans un rafraîchissoir est rempli à
la demande par un domestique et rendu après avoir été bu.
Avant de passer à
table, les convives se lavent les mains à la fontaine murale. Avec le service à
la française, les plats sont servis simultanément en cinq vagues. Les entrées,
les hors-d’œuvre, les potages et les terrines, puis les relevés des potages,
viandes et poissons en sauce, suivis par les grands entremets, salés et sucrés.
Les légumes, les tourtes précédent les desserts composés de fromages frais,
crème, glaces, sorbets, compotes, confitures et fruits. Si le dîner se prend fréquemment
seul, le souper, servi entre 21 et 23 heures est l’occasion de réunir une
assemblée choisie autour d’une table bien garnie.
L’après-dîner à 16h15, le deuxième
repas de la journée, Madame se retire dans son boudoir lorsqu’elle ne sort pas
ou ne tient pas salon. Elle y prend des collations sur des petites tables volantes
qui se déplacent.
Au-delà de la table, cette belle exposition présente aussi
toutes les caractéristiques d’un hôtel particulier dans son architecture, son
aménagement pour faciliter la circulation et la discrétion des domestiques.
Elle met en avant aussi les innovations en termes de confort comme le chauffage,
l’éclairage, l’arrivée de l’eau, la notion de confort avec les espaces privées,
les évolutions des arts de la table avec la diffusion de la porcelaine qui
imite les fruits et les légumes. Il est dommage qu’il n’y ait pas eu la
reconstitution de la cuisine !