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samedi 17 octobre 2026

Dictionnaire de la Chine impériale, Ming et Qing 1368-1911 Sous la direction de François Gipouloux.


Sous la direction de François Gipouloux, le Dictionnaire de la Chine impériale. Ming et Qing, 1368-1911, publié par CNRS Éditions, propose une vaste synthèse de plus de cinq siècles d'histoire politique, économique, sociale, culturelle, militaire et religieuse de la Chine. Avec les entrées l’agriculture, l’alimentation, la culture alimentaire et culinaire, cette approche transversale met aussi en lumière une dimension essentielle de la civilisation chinoise : la cuisine et les arts de la table. Le modèle alimentaire chinois hérité de l’Antiquité, celui d’un céréaliculteur, est un mangeur de céréales et de nourritures cuites perdure jusqu’au Qing. Il sait allier la modération entre la nécessité de se nourrir de céréales (le fan 饭) pour survivre, et le plaisir de l’accompagner de mets cuisinés (le cai 菜). Déjà au temps de Confucius, il était décrété que la part de mets cuisinés à base de viandes, de légumes ne doit pas excéder la quantité de céréales consommée. L'alimentation représente également un enjeu majeur de gouvernement. Dès l'Antiquité chinoise, les autorités se préoccupent des pénuries et des famines. Le terme huangzheng 荒政 désigne les politiques de prévention et de gestion des calamités, notamment les mesures de secours aux populations frappées par la disette. Sous les dynasties Ming (1368-1644) et Qing (1644-1911), les greniers publics, les réserves de céréales et les dispositifs de secours occupent une place importante dans les politiques de subsistance. L’entrée des Occidentaux dans le commerce asiatique au milieu du XVIème siècle commence peu à peu la diffusion en Chine de plantes de subsistances américaines comme le maïs, la pomme de terre, la patate douce et produiront un changement dans l’ordre alimentaire. Leur introduction dans les menus paysans explique en partie l’explosion démographique de cette époque. Le piment introduit à ce moment aussi, donne une nouvelle saveur très appréciée. Dès la dynastie des Ming, on constate l’émergence d’une civilisation de bon goût avec ses amateurs d’arts, ses esthètes, et ses gourmands dans les milieux cultivés des petites villes du bas Yangzi. Les lettrés raffinés festoient, mêlant musique, poésie à la dégustation de repas choisis. L’édition culinaire chinois se développa avec le livre le plus connu 随园食单 « Recettes du jardin de contentement » ou « Traité de gastronomie du jardin de Sui » de Yuan Mei袁枚 (1716-1797). Le premier livre de cuisine occidentale aussi, avec « Traité de la préparation des mets occidentaux 造洋飯書» écrit par Martha Foster Crawford, une missionnaire baptiste américaine qui vécut en Chine pendant 50 ans, fut publié en 1866. Avec l’ouverture des ports au commerce international, l’installation de concessions étrangères dans les villes, la cuisine occidentale faisait ses premiers pas dans la formation du personnel chinois au service des Occidentaux à Shanghai. Cette cuisine occidentale, d’inspiration britannique, étaient une curiosité pour les Chinois. A Shanghai où elle faisait flores les hommes d’affaires chinois s’y habituaient rapidement à cette nouvelle mode, et intègrent le pain, les pâtisseries, le café, la limonade, et plus encore les alcools comme le cognac, le whisky et le champagne ! 

Ce Dictionnaire de la Chine impériale. Ming et Qing, 1368-1911, rassemble près de 160 spécialistes français et étrangers, qui ont contribué à la rédaction de 450 notices. C’est un livre érudit !

dimanche 11 octobre 2026

De l’aligot aux bourrées endiablées : le marché de l’Aveyron régale Paris !


En plus de la fête des vendanges à Paris Montmartre, les Parisiens et les touristes sont invités ce weekend au marché des Pays de l’Aveyron dans le quartier de Bercy avec trois jours de gourmandise, de musique et de convivialité.  








Star incontestée, l’aligot-saucisse fait saliver les visiteurs avec ses longs fils de tome fraîche. Ce dimanche midi, il faut patienter plus d’une demie heure pour être servi à la maison Conquet. On peut admirer la confection sur site de l’aligot. Les saucisses découpées au couteau sont snackées et grillées, puis cuites à basse-température. Conservées sous-vides, elles sont remises en température en bain-marie. La confection à la chaîne des barquettes aligot saucisse à 12€ est d’une efficacité redoutable. 








Mais le terroir aveyronnais réserve bien d’autres plaisirs : charcuteries artisanales, farçous aux herbes, gâteau à la broche, les rissoles, les fouaces, sans oublier les fromages de caractère, du célèbre Roquefort au fondant Pérail, en passant par le Bleu des Causses. 









La confection du gâteau à la broche réclame la patience. Pour un gâteau de taille moyenne, il faut au moins 50 minutes de cuisson avec plusieurs couches de pâtes. Pour accompagner ces délices, les vins de Marcillac, d’Estaing ou d’Entraygues-Le Fel méritent aussi le détour.






La fête se poursuit au rythme des bourrées folkloriques, ces danses traditionnelles aussi joyeuses que physiques. Avant de monter sur scènes, les danseurs déambulent gracieusement dans les allées du marché endimanchés avec leurs habits régionaux.





La culture n’est pas oubliée avec un petit salon du livre rouergat. Il permet quant à lui de rencontrer des auteurs et de découvrir l’histoire, les paysages et les traditions du pays.



Mais ce marché est bien plus qu’un rendez-vous gourmand. Il incarne la solidarité des Aveyronnais d’ici et d’ailleurs, héritée d’une longue tradition d’entraide entre ceux restés au pays et ceux partis vivre à Paris. Producteurs, associations et bénévoles font vivre cet esprit de partage et contribuent à transmettre les savoir-faire locaux.






De Rodez à Millau, de Villefranche-de-Rouergue à Saint-Affrique, l’Aveyron, en région Occitanie, rassemble une mosaïque de territoires, de l’Aubrac aux Causses, en passant par le Ségala et les vallées du Lot et du Tarn. 

Pour les personnes qui ont raté cette belle fête gourmande, il faut patienter jusqu'à l'année prochaine !


 

samedi 10 octobre 2026

Le grand défilé de la fête des vendanges de Montmartre Paris



Au début de l’automne, la Fête des Vendanges fait battre le cœur de Montmartre à Paris au rythme de ses traditions, de sa gastronomie et de son célèbre vignoble. 








Cette année encore, le Grand Défilé reste l’un des moments les plus attendus de cette fête populaire, où se mêlent patrimoine, convivialité et esprit de village. Avant le grand défile prévu ce samedi à 11h45 sous un beau soleil au son d’un orchestre joyeux, les P’tits Poulbots qui ouvrent le cortège étaient parfaitement détendus. 




Et c’est avec sérieux et concentration qu’ils s’élancent dans un défilé d’au moins deux heures ! Dans leurs jolis costumes, au son des tambours, ils incarnent l’histoire populaire de la Butte et l’importance de la transmission entre les générations. 




Derrière eux défilent pas moins de 67 confréries vineuses et gourmandes, reconnaissables à leurs costumes, leurs bannières et leur enthousiasme. Parmi les confréries annoncées figurent notamment la Commanderie du Clos Montmartre, les Amis de Brouilly, les Compagnons des Côtes-du-Rhône, la Confrérie des Fins Gousiers d’Anjou, la Tripière d’or de Caen et la Confrérie de la Fraise de Carpentras. 



On reconnaît aussi les membres de la République de Montmartre à leur cape noire, leur chapeau noir, et leur écharpe rouge, une tenue inspirée du célèbre chansonnier Aristide Bruant. Ce grand rassemblement célèbre la diversité des terroirs et les savoir-faire régionaux. 





Il transmet des valeurs essentielles : le partage, la solidarité, la convivialité et le respect des traditions. Plus qu’un spectacle, le défilé est un trait d’union entre les générations, entre Paris et les régions de France.




La vigne fait partie de l’histoire de Montmartre depuis le Moyen Âge. Après la disparition des anciens vignobles avec l’urbanisation, quelques passionnés ont permis la renaissance du Clos Montmartre en 1933. La première Fête des Vendanges moderne fut célébrée en 1934. Aujourd’hui, ce vignoble municipal de quelque 1 556 m² compte environ 1 762 pieds de vigne. Sa production annuelle atteint près de 2 000 bouteilles de 50 cl, en rouge et en rosé. Modeste par sa quantité, ce vin est précieux par sa symbolique et par sa contribution aux actions sociales du 18e arrondissement. 




Les visiteurs peuvent l’acheter en bouteille ou déguster au verre dans l’enceinte du parcours du goût. En effet, la Fête des Vendanges, c’est aussi le plaisir de bien boire et de bien manger ! Le Parcours du Goût met à l’honneur les producteurs, les spécialités régionales, les fromages, les charcuteries, les douceurs sucrées et de nombreux produits artisanaux.



Entre dégustations, découvertes et rencontres avec les exposants, chacun peut savourer la richesse des terroirs dans une ambiance festive et chaleureuse. Mais ce samedi à l’heure du déjeuner, il y avait foule et il ne faut pas être claustrophobe pour aller se ravitailler dans les différents stands. À Montmartre, le vin est un symbole, mais le partage est le véritable esprit de la fête. Des P’tits Poulbots aux confréries, des vignes aux étals gourmands, tout rappelle qu’une tradition ne vit que lorsqu’elle se transmet et se célèbre ensemble. Les Parisiens, les visiteurs de France et du monde en profitent ! Et la foule était présente pour assister à ce grand défilé haut en couleurs et en ambiance !