dimanche 1 février 2026

Cérémonie du dragon de riz au musée quai Branly à Paris


Fruit d’une collaboration avec le musée National du Palais de Taipei, le musée du quai Branly à Paris nous invite à découvrir le Dragon chinois et ses multiples métamorphoses. 





Cette figure mythique du dragon (/) est née en Chine il y a plus de 5000 ans, puis s’est diffusée dans toute l’Asie Orientale. Elle ne cesse d’imprégner les croyances populaires à travers l’Asie. Dans une société agraire soumise aux risques de sécheresses et de violentes précipitations, il intercède entre la Terre et le Ciel, contrôle les eaux terrestres et célestes, pourvoie des pluies bénéfiques aux cultures. Sa silhouette sinueuse se déploie sur de multiples objets profanes, rituels, artistiques. Dès l’époque Han (206 avant notre ère, 220 de notre ère), le dragon incarne les « souffles du ciel ». Il règne sur les mers, les montagnes, les cieux, dans les nuages chargés de pluie, là où se concentre l’énergie vitale universelle. 






Apparu dès le Néolithique, la figure du dragon prend forme à l’âge du Bronze de 2700 à 800 avant notre ère, avant de devenir l’emblème des empereurs, détenteurs du « mandat céleste ». L’anneau de jade dit « cochon-dragon » de cette culture néolithique du Hongshan pourrait être la première évocation connue du dragon. Il se caractérise par un groin, de petites oreilles et un long corps enroulé sur lui-même. Nous sommes loin de sa représentation actuelle connue déjà décrite par le philosophe Wang Fu au 2ème siècle. Il indique que le dragon combine neuf animaux : « Par les cornes il ressemble au cerf, par la tête au chameau, par les yeux au lièvre, par le cou au serpent, par le ventre au mollusque, par les écailles à la carpe, par les griffes à l’aigle, par les pattes au tigre, par les oreilles au bœuf ». 









Cette belle exposition présente une sélection exceptionnelle d'objets et œuvres d'art, depuis les premiers dragons apparus sur les jades et bronzes antiques jusqu'aux formes populaires contemporaines, en passant par les arts impériaux. 




Dans l’imaginaire chinois, le dragon est toujours le signe du zodiaque le plus prisé pour les enfants mâles. La figure du dragon est toujours présente dans les célébrations festives. 



On se lance dans les danses du dragon aux bruits des cymbales et pétards, 



on déguste des hors d’oeuvres en forme de dragons (蟠龙菜 pan long cai) réalisé avec des ingrédients multicolores. Il reste toujours l’emblème de la puissance qui apporte force, bonheur et prospérité. J’ai adoré la vidéo de la « Cérémonie du dragon de riz 米龍 » au début de l’exposition. 




Le corps du dragon qui serpente dans la pièce est constitué de riz, puis habillé par des écailles dorées et coiffé d’une tête impressionnante. Ce rituel ancien lié aux cérémonies d’inauguration est portée par un prête taoïste. Il vise à invoquer la protection du dragon et symbolise la prospérité.

Les photos des hors d'oeuvre en forme de dragons et de la cérémonie du dragon de riz ne sont pas de l'exposition en cours. 

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