samedi 10 octobre 2026

Le grand défilé de la fête des vendanges de Montmartre Paris



Au début de l’automne, la Fête des Vendanges fait battre le cœur de Montmartre à Paris au rythme de ses traditions, de sa gastronomie et de son célèbre vignoble. 








Cette année encore, le Grand Défilé reste l’un des moments les plus attendus de cette fête populaire, où se mêlent patrimoine, convivialité et esprit de village. Avant le grand défile prévu ce samedi à 11h45 sous un beau soleil au son d’un orchestre joyeux, les P’tits Poulbots qui ouvrent le cortège étaient parfaitement détendus. 




Et c’est avec sérieux et concentration qu’ils s’élancent dans un défilé d’au moins deux heures ! Dans leurs jolis costumes, au son des tambours, ils incarnent l’histoire populaire de la Butte et l’importance de la transmission entre les générations. 




Derrière eux défilent pas moins de 67 confréries vineuses et gourmandes, reconnaissables à leurs costumes, leurs bannières et leur enthousiasme. Parmi les confréries annoncées figurent notamment la Commanderie du Clos Montmartre, les Amis de Brouilly, les Compagnons des Côtes-du-Rhône, la Confrérie des Fins Gousiers d’Anjou, la Tripière d’or de Caen et la Confrérie de la Fraise de Carpentras. 



On reconnaît aussi les membres de la République de Montmartre à leur cape noire, leur chapeau noir, et leur écharpe rouge, une tenue inspirée du célèbre chansonnier Aristide Bruant. Ce grand rassemblement célèbre la diversité des terroirs et les savoir-faire régionaux. 





Il transmet des valeurs essentielles : le partage, la solidarité, la convivialité et le respect des traditions. Plus qu’un spectacle, le défilé est un trait d’union entre les générations, entre Paris et les régions de France.




La vigne fait partie de l’histoire de Montmartre depuis le Moyen Âge. Après la disparition des anciens vignobles avec l’urbanisation, quelques passionnés ont permis la renaissance du Clos Montmartre en 1933. La première Fête des Vendanges moderne fut célébrée en 1934. Aujourd’hui, ce vignoble municipal de quelque 1 556 m² compte environ 1 762 pieds de vigne. Sa production annuelle atteint près de 2 000 bouteilles de 50 cl, en rouge et en rosé. Modeste par sa quantité, ce vin est précieux par sa symbolique et par sa contribution aux actions sociales du 18e arrondissement. 




Les visiteurs peuvent l’acheter en bouteille ou déguster au verre dans l’enceinte du parcours du goût. En effet, la Fête des Vendanges, c’est aussi le plaisir de bien boire et de bien manger ! Le Parcours du Goût met à l’honneur les producteurs, les spécialités régionales, les fromages, les charcuteries, les douceurs sucrées et de nombreux produits artisanaux.



Entre dégustations, découvertes et rencontres avec les exposants, chacun peut savourer la richesse des terroirs dans une ambiance festive et chaleureuse. Mais ce samedi à l’heure du déjeuner, il y avait foule et il ne faut pas être claustrophobe pour aller se ravitailler dans les différents stands. À Montmartre, le vin est un symbole, mais le partage est le véritable esprit de la fête. Des P’tits Poulbots aux confréries, des vignes aux étals gourmands, tout rappelle qu’une tradition ne vit que lorsqu’elle se transmet et se célèbre ensemble. Les Parisiens, les visiteurs de France et du monde en profitent ! Et la foule était présente pour assister à ce grand défilé haut en couleurs et en ambiance !

vendredi 9 octobre 2026

Journée de Taïwan, fête champêtre à Levallois Perret.


Annulée en raison de la canicule exceptionnelle de cet été, la journée de Taïwan, fête champêtre à Levallois Perret est à nouveau programmée le dimanche 18 octobre 2026 dans les jardins de l’hôtel de ville sous le signe de la découverte, du partage et de la convivialité en accès gratuit. Organisée par l’association Formose en France, cette manifestation invite le public à explorer la richesse de la culture taïwanaise à travers ses traditions, ses arts et sa gastronomie. Tout au long de la journée, de nombreuses animations culturelles permettront de découvrir les marionnettes traditionnelles, la musique à l’erhu, les arts martiaux, les langues et les jeux traditionnels. Des artisans et des créateurs présenteront également leurs réalisations, offrant un aperçu de la créativité et du patrimoine de l’île. La gastronomie occupera une place importante dans cette fête. Les visiteurs pourront découvrir des spécialités typiques de la cuisine de rue taïwanaise, telles que le gua bao, un pain vapeur garni, le lu wei, un assortiment d’ingrédients mijotés aux épices, le riz gluant assaisonné (you fan), les saucisses taïwanaises et le tofu fermenté. Des petits gâteaux fourrés, du bubble tea et d’autres boissons viendront compléter ce voyage gourmand. 


Une conférence de 14 à 15 heures consacrée à l’histoire et à la culture culinaire de Taïwan est également annoncée avec Hsieh Chung Tao et Li Chan Yueh, afin de mieux comprendre les influences historiques et culturelles qui ont façonné cette cuisine singulière. Gratuite et ouverte à tous, cette journée sera une belle occasion de voyager au cœur de Taïwan sans quitter la région parisienne, de rencontrer une culture fascinante et de partager un moment chaleureux en famille ou entre amis.

dimanche 4 octobre 2026

La culture culinaire chinoise au prisme du numérique au centre culturel de Chine à Paris.


Au Centre culturel de Chine à Paris, l’exposition « 10 000 ans de voyage gustatif – La culture culinaire de la Chine au prisme du numérique 宴飨万年-数说中国古代饮食文 » propose une plongée originale dans l’histoire de la cuisine chinoise. Organisée avec le Musée national de Chine, elle met en regard des copies d’objets culinaires anciens et les technologies numériques contemporaines.



Plus de trente objets et ensembles liés à la préparation, à la cuisson et au service des aliments sont présentés. Récipients en terre cuite, objets en bronze, ustensiles et arts de la table témoignent de l’évolution des techniques et du raffinement progressif de la culture culinaire chinoise. 

L’exposition ne se contente toutefois pas de montrer ces objets : animations, projections et réalité virtuelle permettent de restituer leurs usages et les gestes auxquels ils étaient destinés 



comme ce vase Yan de la dynastie de Zhou (1046-221 avant JC) l’ancêtre du cuiseur à la vapeur, 



le réchaud à sauce de la dynastie Han (220 avant JC-220 après JC) composé d’un brasero et d’une coupe à oreille, permettant de garder au chaud la sauce de soja noir salée, ou la pâte de soja fermentée qui accompagnent les viandes lors des banquets, 



le vase Zun en forme de hibou récipient à alcool de la dynastie Shang (vers 1600-1046 avant JC), 



le verseuse à alcool avec réchaud en porcelaine céladon (dynastie des Song 960-1279). 



L’un des objets qui étonnent encore plus les visiteurs est le bassin Jian réfrigérant de la période des Royaumes Combattants (475-221 avant JC) qui sert à rafraichir l’alcool, alors que les premiers rafraichissoirs à l’eau froide ou avec de la glace apparaissent en France à la fin du XVIIème siècle.







Le parcours est organisé autour de quatre thèmes : l’art de la cuisine, les ustensiles précieux, l’art du banquet et les rencontres lettrées autour de la table. Cette progression montre que la cuisine chinoise ne se résume pas aux recettes. Elle constitue un véritable art de vivre, où les objets, les saveurs, les gestes et les relations sociales sont étroitement liés. Cette gastronomie s’incarne aussi à travers ses nourritures de fêtes, comme ces gâteaux de lune saisonniers mis en forme avec des moules à dessins (poisson qui évoque l’abondance, pêche la longévité), avec des caractères de bonheur, de longévité, de prospérité.



Le banquet occupe une place particulière. La disposition des mets, le choix des récipients, l’équilibre des couleurs et des saveurs participent à une véritable esthétique de la table. L’exposition évoque notamment « l’harmonie des cinq saveurs » et « l’harmonie dans la diversité », deux principes qui permettent de comprendre la recherche d’équilibre caractéristique de la pensée culinaire chinoise.


 










Un festin vous attend avec les recettes les plus connues de la gastronomie chinoise comme le canard laqué, la fondue chinoise, les raviolis, le poulet sauté aux cacahuètes, les côtes de porc à la sauce aigre douce, les écrevisses épicées, le bœuf poché à la sichuannaise, la perche braisée à la sauce rouge, le poulet poché de Canton, du cochon de lait laqué… Autant que mets qui vous font saliver. 











C’est aussi la vaisselle de table de bois laqué, de porcelaine, d’or et de jade qui accompagne ces festins qui impressionne par la beauté et leur modernité, comme ces copies en bois laqué de vaisselle rouge et noir de la dynastie des Han (2022 avant JC-220 avant JC) découverte à Mawangdui à Changsha dans le Hunan. La tombe n°1 est celle de Xin Zhui (辛追), épouse du marquis de Dai, et elle a livré un ensemble exceptionnel de 184 objets en laque, notamment des coupes, assiettes, plateaux et autres récipients.  



Une autre dimension, particulièrement évocatrice, est celle des rencontres de lettrés. Dans la Chine traditionnelle, le repas pouvait devenir un moment de conversation, de poésie, de musique et d’échanges intellectuels. La table était ainsi un lieu de sociabilité où gastronomie et culture se rencontraient. Une vidéo mapping avec quatre peintures de la dynastie Qing comme « Festin nocturne à l’enclos égayé de Rouge » vous plonge dans l’atmosphère d’un banquet nocturne de la Chine impériale.



L’intérêt de l’exposition tient précisément à ce dialogue entre patrimoine et innovation. Les objets appartiennent à une histoire plusieurs fois millénaire, tandis que les technologies immersives leur donnent une nouvelle présence. La réalité virtuelle et les animations permettent de dépasser la simple contemplation pour faire revivre, au moins virtuellement, les gestes de la cuisine et les usages de la table. 



Votre nez est aussi sollicité pour humer le parfum des épices ! Une séquence à ne pas manquer est la préparation d’un thé sous les Song (960-1290). La méthode nommée diancha (
点茶battre/faire mousser le thé) consiste à réduire le thé en poudre très fine dans l’eau chaude en 7 étapes de versements d’eau chaude. Elle a inspiré la cérémonie du thé japonais. Cette belle exposition « 10 000 ans de voyage gustatif » invitent ainsi le visiteur à une expérience où le passé et le futur se rencontrent autour de l’histoire et le patrimoine culinaire chinois, et d’un objet universel : la table où s’exprime le partage, la convivialité, la gourmandise. La cuisine devient alors bien davantage qu'une pratique alimentaire : elle apparaît comme un patrimoine où se rencontrent l’histoire, l’art, l’artisanat, la philosophie et les relations humaines.